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Les jihadistes de l'EIIL, engagés en Irak et en Syrie, annoncent un "califat"

29/06/2014 02:15 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont conquis de larges pans de territoires en Syrie et en Irak, ont annoncé dimanche l'établissement d'un "califat islamique" faisant fi des frontières.

Sur le terrain, l'armée irakienne menait sa plus grande contre-offensive au nord de Bagdad pour tenter de reprendre les régions prises par les insurgés sunnites lors de leur offensive fulgurante lancée le 9 juin, notamment la ville de Tikrit.

Dans un enregistrement audio diffusé sur internet, l'EIIL, qui se fait désormais appeler "Etat islamique" pour supprimer toute référence géographique, a désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.

Le calife désigne depuis la mort du prophète Mahomet son successeur comme "émir des croyants" dans le monde musulman, mais le califat a disparu avec le démantèlement de l'Empire ottoman il y a près d'un siècle.

"Lors d'une réunion, la choura (conseil) de l'Etat islamique a décidé d'annoncer l'établissement du califat islamique et de désigner le cheikh jihadiste Al-Baghdadi calife des musulmans", a annoncé dans l'enregistrement Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EIIL.

Selon lui, ce califat s'étendra d'Alep (nord de la Syrie) à Diyala (est de l'Irak), soit sur les régions conquises par ce groupe dans ces deux pays où ses milliers de combattants aguerris font la guerre au pouvoir en place.

En Syrie, où il fait face aussi à ses anciens alliés rebelles et jihadistes excédés par ses exactions et sa volonté hégémonique, le groupe a fait de Raqa (nord) une "capitale" très organisée, et contrôle une grande partie de la province de Deir Ezzor (est), riche en pétrole et frontalière de l'Irak, ainsi que des positions dans celle d'Alep (nord).

En Irak, où il bénéficie actuellement du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, l'EIIL, implanté depuis janvier dans la province d'Al-Anbar (ouest), a mis la main depuis le 9 juin sur Mossoul, deuxième ville du pays, une grande partie de sa province Ninive (nord), ainsi que des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine et Kirkouk (ouest).

- 'Nettement plus de danger' -

Pour aider l'armée irakienne à regagner du terrain après sa débandade initiale, la Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi et les Etats-Unis ont envoyé des experts militaires et des drones pour survoler Bagdad, un objectif des insurgés.

Le ministère irakien de la Défense a souligné que ces cinq Su-25, sur une douzaine commandés, entreraient en action "dans les trois à quatre prochains jours", avec des pilotes d'expérience aux commandes.

Alors que les appels en Irak et à l'étranger en faveur d'un gouvernement d'union se sont multipliés, le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d'avoir marginalisé les sunnites, a semblé finalement se rallier à cette idée. Le Parlement doit se réunir mardi pour déclencher le processus.

Le conseiller de M. Maliki sur la question de la réconciliation nationale, Amer Khouzaï, a déclaré à l'AFP qu'il y avait actuellement "nettement plus de danger" pour l'Irak que lors de la guerre entre musulmans chiites et sunnites de 2006/2007, qui avait pourtant fait des dizaines de milliers de morts, en pleine invasion américaine du pays.

"Maintenant, la guerre est plus organisée", a-t-il prévenu, en visant autant les insurgés sunnites que les Kurdes, qui ont profité de la débandade initiale de l'armée pour s'emparer de territoires disputés dans le nord du pays.

- Combats à Tikrit -

Comme samedi, l'armée a intensifié dimanche ses contre-attaques dans la province de Salaheddine (nord), principalement sur son chef-lieu Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad.

Des milliers de soldats participent à l'opération, appuyés par des chars et l'aviation.

"Les forces irakiennes avancent de différents endroits" autour de Tikrit et des combats sont en cours à la périphérie, a expliqué le général Qassem Atta, un porte-parole de M. Maliki, tandis que des témoins ont fait état de raids aériens.

Plus au nord, des dizaines de civils volontaires soutenus par les forces kurdes ont attaqué les insurgés le village de Bachir, majoritairement chiite, dans la province de Kirkouk, selon un responsable militaire.

Sur le plan humanitaire, les organisations internationales ont tiré la sonnette d'alarme alors que plus d'1,2 million de personnes ayant été déplacées en Irak depuis le début de l'année.

Le président américain Barack Obama, dont le pays était engagé militairement en Irak de 2003 à 2011, s'est quant à lui inquiété du nombre de jihadistes européens engagés dans la région, relevant que ces combattants aguerris n'avaient pas besoin de visa pour se rendre aux Etats-Unis.

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