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Les Britanniques pessimistes sur les chances de Cameron d'obtenir des réformes de l'UE (sondage)

29/06/2014 07:53 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Les Britanniques sont pessimistes quant à la capacité de leur Premier ministre, David Cameron, à obtenir les réformes de l'Union européenne qu'il juge cruciales pour un maintien de son pays dans l'UE, selon un sondage.

Les résultats de l'enquête de l'institut YouGov ont été rendus publics dimanche, soit deux jours après que M. Cameron à échoué dans sa tentative d'empêcher la désignation au poste de président de la Commission européenne de Jean-Claude Juncker, choisi vendredi par 26 dirigeants contre deux.

Seuls 7% des personnes interrogées pensent que l'opposition de David Cameron à la désignation du Luxembourgeois -décrié au Royaume-Uni parce que jugé trop fédéraliste - va être bénéfique à une renégociation des liens entre l'UE et le Royaume-Uni.

Quelque 42% des Britanniques estiment qu'il n'y aura pas de rapatriement de compétences de l'Union européenne vers leur pays et 29% prédisent que "seules quelques compétences mineures" reviendront au Royaume-Uni, selon ce sondage effectué jeudi et vendredi auprès de près de 2.000 personnes.

David Cameron en personnes a reconnu vendredi qu'il lui était désormais "plus difficile" d'obtenir les réformes nécessaires pour faire campagne en vue du maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE dans la perspective d'un référendum qu'il s'est engagé à organiser en 2017, s'il était réélu en 2015.

"Il est beaucoup trop tôt pour dire que nous n'allons probablement pas obtenir ces réformes", a assuré dimanche sur la BBC le ministre des Affaires étrangères, William Hague.

"Le Premier ministre a reconnu que la tâche était plus ardue, mais regardons le bilan des deux dernières années", a-t-il ajouté. Il a cité le combat de David Cameron pour réduire le budget européen et son veto en 2011 au traité destiné à renforcer les règles budgétaires pour les Etats membres.

"Tout le monde en Europe peut désormais constater que quand le Premier ministre dit qu'il ne cèdera pas, il ne cède pas, il reste fidèle à ses positions", a ajouté le ministre.

Tandis que l'opposition travailliste et le parti europhobe Ukip soulignent l'"isolement"du dirigeant conservateur et l'"humiliation" qu'il a subie, le gouvernement s'efforce de présenter l'épisode Juncker comme une preuve de la fermeté de M. Cameron dans la défense des intérêts britanniques.

De son côté, le patronat britannique s'est dit résolu à "continuer à faire campagne pour un maintien du Royaume-Uni dans une Union européenne réformée".

"Notre appartenance (à l'UE) soutient l'emploi, la croissance et accroît notre compétitivité sur le plan international", souligne dans The Observer le directeur général de la Confédération patronale CBI, John Cridland, avertissant qu'une "option autre que l'appartenance à part entière ne fonctionnerait pas".

Selon le sondage YouGov de dimanche, en cas de référendum, 39% des Britanniques voteraient pour rester dans l'Union européenne et 37% choisiraient d'en sortir. Tandis qu'un sondage paru dans le tabloïd The Mail on Sunday donne les partisans d'une sortie en tête, 47%, devant les tenants d'un maintien dans l'UE, 39%.

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