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L'EIIL annonce l'établissement d'un califat, s'appelle désormais "Etat islamique"

29/06/2014 02:49 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans le combat en Syrie et en Irak, ont annoncé dimanche le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d'un siècle.

Dans un enregistrement audio diffusé sur internet, l'EIIL, qui se fait appeler désormais "Etat islamique", a également désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.

Ce califat s'étendra de la région d'Alep, dans le nord de la Syrie, à celle de Diyala dans l'est de l'Irak, sur les régions conquises par ce groupe dans ces deux pays, où il a réussi à s'emparer de larges pans de territoires, a annoncé dans l'enregistrement Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EIIL.

"Lors d'une réunion, la choura (conseil) de l'Etat islamique a décidé d'annoncer l'établissement du califat islamique et de désigner le cheikh jihadiste Al-Baghdadi calife des musulmans", a-t-il dit.

Al-Baghdadi, appelé désormais le "calife Ibrahim" (en référence à son véritable prénom), "a accepté cette désignation par allégeance et est devenu ainsi calife des musulmans partout (dans le monde)", a-t-il indiqué.

Les mots "Irak" et "Levant" sont supprimés du sigle EIIL, dont le nom officiel devient désormais "l'Etat islamique", a ajouté cheikh Adnani, pour qui le califat est "le rêve de tout musulman" et "le souhait de tout jihadiste".

Dans une menace à peine voilée, il a "prévenu les musulmans qu'avec l'annonce du califat, il est désormais de leur devoir de prêter allégeance au calife Ibrahim".

"Le territoire qui est soumis désormais à son autorité s'étend d'Alep à Diyala", selon lui.

Dans son avancée fulgurante depuis le 9 juin en Irak, ce groupe jihadiste, qui bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, a mis la main sur Mossoul et sur une grande partie de sa province Ninive (nord), ainsi que sur des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine, Kirkouk et Al-Anbar (ouest), et se trouve désormais à une centaine de km de Bagdad.

En Syrie, il contrôle en grande majorité la province de Raqa (nord) et de larges parts de la province pétrolière de Deir Ezzor (est), frontalière de l'Irak et même certaines positions dans la province d'Alep (nord).

"Il est temps que l'Oumma (nation) de Mahomet renaisse de ses cendres et se débarrasse de la honte et de l'humiliation. L'aube de la dignité et le soleil du jihad se lèvent et la victoire commence à faire signe", a lancé cheikh Adnani.

"Croyants, obéissez à votre calife et soutenez votre Etat qui devient plus fort de jour en jour grâce à Dieu, et ses ennemis de plus en plus faibles", a-t-il encore dit.

Le calife désigne depuis la mort du prophète Mahomet son successeur comme "émir des croyants" dans le monde musulman.

Après les quatre premiers califes qui ont régné après la mort du prophète, le califat a connu son âge d'or au temps des Omeyyades (661-750) et surtout des Abbassides (750-1517) avant de connaître sa fin avec le démantèlement de l'Empire ottoman, lorsqu'il est aboli en 1924.

Apparu en Syrie en 2013, l'EIIL a été initialement bien accueilli par certains rebelles syriens, mais sa volonté d'hégémonie et les abus qui lui sont attribués ont poussé l'ensemble des coalitions rebelles à retourner leurs armes contre lui.

La guerre entre rebelles et EIIL a fait près de 6.000 morts depuis janvier.

Dans le bastion de l'EIIL à Raqa, un militant utilisant un pseudonyme, Hani Salamé, a raconté à l'AFP avoir vu "sept hommes entrer à cheval dans la ville comme signe de l'avènement du califat, suivi par un convoi de voitures transportant des dignitaires de l'EIIL".

"Des membres du groupe ont lancé des tirs nourris en l'air en signe de célébration", a-t-il ajouté via internet.

Pour ce militant hostile aussi bien au régime syrien qu'à l'EIIL, l'annonce d'un califat relève de la "folie". "L'EIIL se sert de l'islam pour parvenir à ses fins. La révolution en Syrie a commencé pour un Etat libre et démocratique, pas pour un califat".

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