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Le pouvoir égyptien restreint les sermons prononcés pendant le ramadan

29/06/2014 09:56 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'Égypte restreindra les sermons du ramadan aux sujets de la foi et de la morale, dans le cadre de la plus récente décision visant à limiter le discours politique au sein de ce pays profondément divisé.

Le ministre des Dotations religieuses Mohammed Mokhtar Gomaa a annoncé dimanche que cette décision visait à s'assurer que les sermons prononcés pendant ce mois saint de l'islam «unissent les gens, plutôt que de les diviser».

Il a ajouté que le discours religieux avait été «détourné» à des fins politiques, en référence au précédent gouvernement, dirigé par l'ex-président islamiste Mohammed Morsi.

«Le discours religieux avait une connotation politique, ce qui affectait l'aspect moral, a-t-il confié à des journalistes lors du premier jour des célébrations. Désormais, nous sommes dans une course contre la montre pour restaurer le sens moral.»

Mohammed Morsi a été renversé à la suite d'importantes manifestations réclamant son départ, l'an dernier. L'armée a provoqué la chute du chef d'État, et son ex-chef, Abdel-Fattah el-Sissi, a été élu président plus tôt ce mois-ci.

Lors de sa campagne, ce dernier avait souligné que le discours religieux devait être restructuré, affirmant qu'une interprétation libre de la religion avait aidé à la propagation de l'extrémisme.

Depuis la chute de Morsi, les autorités religieuses ont agi pour purger les mosquées des imams jugés partisans des islamistes et ont établi des règles pour les sermons du vendredi.

Impossible de savoir comment le gouvernement fera respecter les nouvelles normes, qui comprennent des mesures strictes pour limiter l'accès aux mosquées afin d'y demeurer pendant les 10 derniers jours du ramadan, entre autres.

Quelque 12 000 imams indépendants ne pourront prononcer de sermons. Au cours des derniers mois, le ministère a publié des normes pour les sermons hebdomadaires présentés les vendredis. Quiconque s'en éloigne risque de ne plus pouvoir exercer dans l'une des 100 000 mosquées que compte le pays.

Un certain nombre de mesures ont été utilisées pour s'en prendre aux Frères musulmans. L'organisation a été classée comme groupe terroriste, et les biens de certains de ses membres ont été saisis. Le gouvernement a également adopté une nouvelle loi encadrant plus strictement les manifestations.

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