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Le pape au clergé: ne pas chercher l'appui des puissants de ce monde

29/06/2014 07:22 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Le pape François a de nouveau appelé les prêtres et évêques du monde entier à ne pas chercher "l'appui de ceux qui ont le pouvoir", en remettant le traditionnel "pallium" à 24 nouveaux archevêques métropolitains lors d'une messe dans la basilique Saint Pierre.

Le pape qui endossait la même écharpe en laine (tissu choisi pour évoquer le pasteur et son troupeau) que les archevêques métropolitains, les a exhortés à ne pas "perdre de temps en questions ou bavardages inutiles" mais à "regarder l'essentiel" en suivant l'exemple du Christ, "malgré les difficultés".

"Quels refuges cherchons-nous dans notre vie pastorale, pour être en sécurité ?", a lancé le pape, invitant à "ne pas se laisser tromper par l'orgueil qui cherche les gratifications et des reconnaissances qui semblent mettre en sécurité".

"Le véritable refuge c'est la confiance en Dieu: elle éloigne toute peur et nous rend libres de tout esclavage et tentation mondaine", a argué le pape, lors de la messe solennelle organisée à l'occasion de la fête des Saints Apotres Pierre et Paul.

Parmi les 24 nouveaux archevêques ayant reçu le pallium (consacrant leur statut d'archevêque métropolitain, titre lié à la taille importante du district qu'ils supervisent), 5 provenaient d'Afrique, 6 d'Asie, 7 d'Europe et 6 des Amériques.

Dans une interview au Messaggero, le pape a dénoncé dimanche le fléau de la corruption, un sujet qui, comme la dénonciation des prêtres "mondains", lui tient particulièrement à coeur. "Il est difficile de rester honnêtes en politique. Parfois c'est comme si certaines personnes étaient phagocytées par un phénomène endémique, à divers niveaux, transversal".

"Aujourd'hui le problème c'est que la politique est discréditée, dévastée par la corruption, le phénomène des pots-de-vins. La corruption malheureusement est un phénomène mondial. Il y a même des chefs d'Etat qui sont en prison pour cela".

Selon le pape, "nous vivons un changement d'époque" qui "alimente la décadence morale, non seulement en politique mais aussi dans la sphère financière ou sociale".

Le pape a aussi évoqué les abus subis par les enfants, ceux employés pour des travaux manuels parce qu'ils ont des mains plus petites et ceux qui sont victimes d'abus sexuels: "cela me fait souffrir".

Pour lui, les hommes "âgés" qui abordent des prostituées de moins de 15 ans ne sont rien d'autres que des "pédophiles". La politique "doit répondre de façon nette", ces questions "se résolvent avec une bonne politique sociale".

fka/jh

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