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Afghanistan: les talibans tiennent tête à l'armée dans le nord du Helmand

29/06/2014 08:18 EDT | Actualisé 29/08/2014 05:12 EDT

Les talibans, qui ont lancé la semaine dernière une offensive dans la province d'Helmand (sud de l'Afghanistan), tenaient encore tête à l'armée afghane dimanche dans plusieurs poches de résistance malgré une importante contre-attaque, a-t-on appris auprès de responsables locaux.

Les talibans tenaient certaines portions de territoire notamment dans les environs de Bostanzai dans le nord du district de Sangin, où ils occupaient plusieurs postes de contrôle, selon les autorités locales. Ils étaient également présents dans le petit village de Barekzai.

"Les combats continuent dans certaines parties de Sangin, davantage de renforts ont été envoyés pour éliminer les poches de résistance dans le district", a expliqué à l'AFP le porte-parole du gouverneur du Helmand Omar Zwak.

Ce noeud de résistance de Sangin se trouve au coeur d'une grosse région de production du pavot à opium, l'un des financements des talibans au cours de 13 années de guerre contre les forces de l'Otan.

Samedi, quelques 25 véhicules blindés, des soldats et des munitions ont été acheminés vers le district de Sangin.

Les combats avaient commencé le 19 juin lorsque plusieurs centaines de rebelles islamistes ont attaqué le district de Sangin. Samedi, le ministère de l'Intérieur avait affirmé que l'offensive des talibans avait été stoppée par les forces afghanes.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Sediq Sediqqi, les combats avaient fait environ samedi 260 morts parmi les talibans, et une trentaine de membres des forces armées et de la police afghanes ont également été tués.

Il était impossible de vérifier ce bilan de façon indépendante dimanche, de même que celui des victimes civiles pour lequel aucun chiffre n'était disponible.

Samedi, un conseil de sécurité nationale présidé par le président Hamid Karzaï a salué "le courage des forces afghanes" face aux attaques des talibans notamment dans le Helmand, où la situation était en "amélioration", selon un communiqué du palais présidentiel.

Par ailleurs, les combats ont provoqué l'exode de quelque 3.200 familles (15.000 à 30.000 personnes) vers Lashkar Gah, la capitale de la province d'Helmand, selon Omar Zwak.

Une aide gouvernementale a été allouée aux réfugiés mais "elle n'est pas suffisante", a dit M. Zwak avant d'appeler "les ONG nationales et internationales à aider ces familles au plus vite".

"Nos gens ont besoin d'hébergement et de nourriture... nous avons un besoin urgent de nourriture", a dit Hashim Alkozai, un ancien venu de Sangin vers Lashkar Gah.

Selon Toor Jan, qui a marché deux jours avec sa famille de 10 personnes pour se rendre à Lashkar Gah, aucune aide n'a été distribuée depuis son arrivée.

Par ailleurs, selon lui, "les talibans ont installé des mines dans presque tout le district de Sangin, donc aucun véhicule ne s'y risque, y compris sur les routes principales".

Une possible résurgence militaire des talibans inquiète les Afghans et la communauté internationale, au moment où le processus électoral pour la désignation d'un nouveau président pour succéder à Hamid Karzaï reste indécis et fragilisé par des accusations de fraude.

Dans l'offensive test menée par les talibans contre l'armée afghane, celle-ci --qui devra se défendre seule après le retrait de l'Otan fin 2014-- a affirmé ne pas avoir eu besoin de l'aide aérienne de la Force internationale d'assistance et de sécurité (Fias). Mais de son côté, la coalition a affirmé avoir fourni un appui aérien rapproché.

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