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Un siècle plus tard, le Canada de 1914 semble appartenir à un autre monde

28/06/2014 01:20 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Un siècle plus tard, le Canada tel qu'il existait en 1914 semble appartenir à un autre monde.

C'était l'univers d'Anne et la maison aux pignons verts, un monde plus calme, plus rustique, plus bucolique.

Le pays était bien moins peuplé, avec environ 7,5 millions d'habitants. Un peu moins de la moitié de la population canadienne vivait alors en milieu urbain. Seules quatre villes, Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver, comptaient plus de 100 000 personnes.

La majorité des habitants étaient d'origine française, britannique et irlandaise, bien que de récentes vagues d'immigration aient fait entrer au pays un grand nombre d'Allemands et d'Ukrainiens, entre autres. Des lois réglementaient strictement l'afflux d'immigrants asiatiques.

La majorité du territoire canadien était constitué de petites villes et de villages, dont un grand nombre comptait moins de 1000 habitants.

Le secteur agricole était le plus important de l'économie. Les industries de la fabrication, de l'exploitation minière, de l'exploitation forestière et de la pêche étaient également d'importants employeurs.

Il s'agissait d'un pays où la puissance en chevaux-vapeur signifiait très souvent de véritables chevaux. Les fermes canadiennes avaient besoin de 2,6 millions de chevaux pour accomplir les tâches de tous les jours. C'étaient de lourdes bêtes, rompues au travail agricole et industriel.

Dans les villes aussi, les chevaux étaient toujours rois et maîtres. Les automobiles se multipliaient, mais elles tombaient souvent en panne.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, l'armée a besoin de milliers de chevaux pour tirer les pièces d'artillerie, les wagons de ravitaillement et transporter les membres des unités de cavalerie.

En 1912, le chroniqueur automobile britannique Thomas Wilby et le mécanicien d'origine américaine Jack Haney deviennent les premières personnes à conduire une voiture de Halifax à Vancouver. Mais ils n'ont pas franchi l'entièreté du pays en voiture, puisque certains endroits ne comportaient pas encore de routes.

Il leur aura fallu 49 jours pour traverser le Canada d'un océan à l'autre.

De fait, l'autoroute transcanadienne n'a été complétée que 45 ans plus tard. Le train demeurait le principal moyen de déplacement à l'époque.

Les téléphones étaient eux aussi de plus en plus nombreux, mais on n'en comptait que 300 000 dans tout le pays en 1914. La majorité des communications transitaient par lettre ou télégramme.

Le Canada de 1914 semblait beaucoup plus paisible que le pays que l'on connaît aujourd'hui, mais la vie y était beaucoup plus difficile. Les antibiotiques n'existaient pas; une dent infectée pouvait s'avérer fatale. Il existait un vaccin contre la petite vérole, mais des maladies comme la rubéole, la varicelle, les oreillons et la rougeole étaient considérées comme des événements normaux de la vie d'un enfant.

La tuberculose était une menace constante, particulièrement dans les grandes villes.

En 1911, l'espérance de vie était de 50 ans pour les hommes et de 53 ans pour les femmes, contre 79 et 83 ans aujourd'hui.

Le lait était souvent non pasteurisé. Les techniques de réfrigération n'étaient pas au point. Les normes de sécurité alimentaire étaient sommaires, voire inexistantes. En hiver, il était parfois impossible d'obtenir des légumes et des fruits frais, entraînant des déséquilibres alimentaires.

Sur le plan médiatique, le plus important sujet de l'heure avant la guerre était le naufrage de l'Empress of Ireland au large de Rimouski. Plus de 1000 personnes avaient alors perdu la vie, dont 134 enfants.

La guerre qui se profilait à l'horizon serait toutefois beaucoup plus meurtrière; le Canada y a perdu 60 000 hommes en 1560 jours.

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