NOUVELLES

Irak: l'armée donne l'assaut sur Tikrit pour en déloger les extrémistes sunnites

28/06/2014 10:00 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

BAGDAD - L'armée irakienne a lancé une vaste opération, samedi, pour déloger les extrémistes sunnites de la ville de Tikrit, l'un des deux principaux centres urbains pris par les insurgés au cours des dernières semaines dans le cadre de leur avancée rapide à travers le pays. Des combats entre insurgés et forces de sécurité au sud de Bagdad ont par ailleurs fait au moins 21 morts.

Après avoir vu une grande partie du territoire irakien glisser des mains du gouvernement, les autorités militaires ont tenté de présenter cette opération comme une étape significative dans la lutte contre les jihadistes. Les responsables ont indiqué que l'opération impliquait des forces d'élite, des chars et des hélicoptères, de même que des combattants sunnites pro-gouvernementaux et des volontaires chiites.

Des résidants de Tikrit, au nord de Bagdad, ont rapporté des affrontements dans la ville samedi, mais l'étendue des combats reste imprécise pour le moment.

Un responsable de la sécurité, Jawad al-Bolani, a indiqué que l'objectif immédiat de l'opération était Tikrit, ville d'origine de l'ancien dictateur Saddam Hussein et l'une des deux grandes agglomérations tombées récemment sous le contrôle des extrémistes de l'État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL), un groupe dissident d'Al-Qaïda. M. Al-Bolani a précisé que l'opération n'avait pas d'échéancier précis.

Des hélicoptères de combat ont mené des frappes avant l'aube contre des insurgés qui attaquaient des soldats sur un campus universitaire de la périphérie nord de Tikrit, selon un porte-parole de l'armée irakienne, le lieutenant-général Qassim al-Moussawi. Les autorités n'ont pas dit si l'opération avait fait des victimes jusqu'à maintenant.

Un résidant a confirmé qu'un raid aérien avait eu lieu tôt samedi matin à l'université de Tikrit. Il a également rapporté des combats dans le sud de la ville entre les militants de l'ÉIIL et les forces irakiennes, en précisant que les jihadistes étaient toujours très présents dans les rues. Le témoin a réclamé l'anonymat par crainte pour sa sécurité.

Un autre résidant de Tikrit, Muhanad Saif al-Din, a indiqué que de nombreux civils avaient fui la ville au cours des derniers jours face à l'imminence d'une offensive gouvernementale.

«Tikrit est devenue une ville fantôme parce que beaucoup de gens sont partis depuis 72 heures, craignant des bombardements aériens indiscriminés et de possibles combats alors que l'armée avance vers la ville», a déclaré M. Al-Din. «Les rares personnes qui restent craignent de possibles représailles des miliciens chiites qui accompagnent l'armée. Nous sommes des civils pacifiques et nous ne voulons pas être des victimes de ce conflit.»

M. Al-Din a précisé qu'il n'y avait plus d'électricité à Tikrit depuis vendredi soir.

Samedi matin, l'armée a également mené trois frappes aériennes sur Mossoul, une ville de l'extrême nord du pays tenue par les insurgés. L'une des frappes a touché une zone commerciale où il n'y a pas de cible militaire apparente, ont indiqué des résidents.

Au sud de Bagdad, de violents combats opposant les forces gouvernementales et les insurgés sunnites ont coûté la vie à au moins 21 soldats.

Des responsables de la police ont indiqué que les affrontements avaient fait rage pendant des heures samedi près de la ville de Jurf al-Sakhar, à environ 50 kilomètres au sud de la capitale. La ville fait partie d'une région majoritairement sunnite au sud de Bagdad.

Les responsables ont affirmé que des dizaines d'insurgés avaient été tués et que plusieurs autres avaient été capturés au cours des combats.

Des responsables médicaux ont confirmé le bilan des victimes militaires. Tous les responsables ont réclamé l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à s'adresser aux médias.

PLUS:pc