NOUVELLES

Égypte: une «machine à guérir l'hépatite C» nécessite des tests supplémentaires

28/06/2014 09:04 EDT | Actualisé 28/08/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Un appareil ayant soi-disant été inventé pour guérir le sida et l'hépatite C nécessite encore six mois de tests, ont annoncé les autorités militaires de l'Égypte, samedi.

Les forces égyptiennes avaient auparavant promis de dévoiler la technologie au public ce lundi, après avoir présenté ce que des experts ont rejeté comme étant des affirmations fabulatrices, en février dernier.

Au cours d'une conférence de presse donnée à cette période, le chef de l'agence d'ingénierie de l'armée avait soutenu que l'armée avait produit «une invention scientifique étonnante et miraculeuse» qui pouvait détecter le sida, l'hépatite et d'autres virus sans nécessiter d'échantillons de sang, en plus de purifier le sang des personnes infectées.

Cette affirmation a déclenché la colère chez les scientifiques et le public, plusieurs affirmant que cette technologie n'avait pas été correctement évaluée. L'affaire a également été tournée en ridicule lors d'une célèbre émission télévisée désormais retirée des ondes.

L'affaire a touché une corde sensible en Égypte, où l'hépatite C atteint des niveaux épidémiques. Certaines études avancent que jusqu'à 10 pour cent des 86 millions d'Égyptiens en sont infectés, ce qui en ferait le plus haut taux de contamination au monde.

Aux dires du responsable du département médical de l'armée, le major-général Gamal el-Serafy, des médecins ont déjà commencé à tester l'une des machines sur 80 patients souffrant d'hépatite C et recevant également des médicaments.

La conférence de presse de samedi a entre autres abandonné la référence au sida, et ne parle plus que de l'hépatite. Aucune des recherches impliquées dans la mise au point de l'appareil n'a été publiée dans une revue scientifique connue.

La première affirmation, en février, a fait craindre que l'offre de l'armée à propos d'appareils incroyablement futuristes n'entraîne de nouveau l'Égypte dans un cycle de promesses brisées menant à des déceptions et des résultats inférieurs aux attentes.

Des généraux en charge du dossier et des médias pro-militaires ont adopté une position défensive sur la question, insistant sur le fait que les inventions seront offertes au public, et que toute critique s'inscrivait dans le cadre d'un complot pour voler à l'Égypte une importante victoire scientifique.

PLUS:pc