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Argentine: le vice-président argentin inculpé de corruption

28/06/2014 05:01 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Le vice-président argentin Amado Boudou a été inculpé par un juge d'instruction de "corruption", une première en Argentine pour un vice-président en exercice, a-t-on appris de sources judiciaires vendredi soir à Buenos Aires.

Elu lors de la présidentielle de 2011 avec Cristina Kirchner, M. Boudou est officiellement le 2e personnage de l'Etat mais il est tenu à distance du pouvoir, la présidente de centre gauche préférant s'appuyer sur un cercle fermé d'une demi-douzaine de proches conseillers.

D'origine française et connu pour sa passion pour les motos et le rock-and-roll, M. Boudou, 51 ans, a été ministre de l'Economie de 2009 à 2011. Il est accusé d'avoir acheté via un prête-nom une entreprise au bord de la faillite, l'imprimerie Ciccone, qui détient le monopole de l'impression des billets de banque en Argentine.

Amado Boudou, qui clame son innocence, est actuellement en déplacement à Cuba et doit rentrer en Argentine la semaine prochaine.

Il apparaît régulièrement dans les pages people de la presse, au côté de sa compagne, une rousse surnommée "la seconde dame d'Argentine".

Il a été propulsé à la tête de l'Etat à deux reprises lorsque la présidente a été indisponible, en raison d'opérations chirurgicales et de la convalescence qui a suivi, se contentant d'une activité essentiellement protocolaire.

Selon le juge Ariel Lijo, le vice-président et d'autres personnes citées dans le dossier "auraient fait l'acquisition de l'entreprise Ciccone Calcografica lorsque M. Boudou était ministre de l'Economie (de l'ex-président Nestor Kirchner) via la société The Old Fund, avec pour but ultime de conclure un contrat avec l'Etat portant sur l'impression de billets et de documents officiels".

L'imprimerie a depuis été nationalisée.

Le juge a décidé que M. Boudou pouvait rester en liberté jusqu'à son procès mais qu'il devait venir témoigner au tribunal le 16 juillet.

Le gouvernement de Cristina Kirchner a jusqu'à présent toujours soutenu le vice-président.

Celui-ci a accusé l'opposition de vouloir s'en prendre à travers lui au gouvernement.

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