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Un responsable de l'ONU dénonce atteintes aux libertés et violence politique au Burundi

27/06/2014 11:37 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé vendredi à Bujumbura les atteintes aux libertés, le "harcèlement" de la société civile et les violences politiques au Burundi.

"Il est encourageant de constater les progrès accomplis dans certains domaines (...) mais je suis profondément préoccupé par les atteintes croissantes aux droits à la liberté d'expression, de réunion et d'association pacifiques", a déclaré à la presse Ivan Simonovic, à l'issue d'un séjour de trois jours au Burundi.

"Je condamne fermement les cas de harcèlement de membres de la société civile et j'appelle le gouvernement à les empêcher et à en punir les auteurs", a-t-il poursuivi, se disant également "préoccupé par la forte augmentation des autres formes de violences à motivation politique".

Tout en notant une baisse du nombre "d'exécutions extrajudiciaires", le responsable onusien a souligné la hausse des violences liées aux "Imbonerakure" - la branche jeunesse du CNDD-FDD, le parti au pouvoir - contre leurs présumés adversaires politiques, qui "ont plus que doublé" par rapport à 2013.

Une note confidentielle du Bureau de l'ONU au Burundi (Bnub) faisant état de distribution d'armes par le gouvernement aux "Imbonerakure" a récemment fuité dans la presse burundaise, créant des tensions avec les autorités de Bujumbura qui ont démenti.

A l'approche des élections générales de 2015 au Burundi, sorti en 2006 de 13 ans de guerre civile, "les violences liées au processus électoral doivent être empêchées et le harcèlement des adversaires ne doit pas être toléré", a estimé M. Simonovic.

Les élections de 2010, boycottées par la quasi-totalité de l'opposition, avaient été suivies de violences marquées notamment par des exécutions extrajudiciaires, dont le Bnub avait recensé une soixantaine de cas en 2011.

Ivan Simonovic devait quitter Bujumbura vendredi. Durant son séjour, il a rencontré notamment le 1er vice-président burundais, des membres du gouvernement, de l'opposition et de la société civile.

"Officiellement, le président Pierre Nkurunziza n'a pas eu le temps de le recevoir à cause de son calendrier chargé, mais c'est plutôt un signe fort d'agacement du pouvoir burundais qui ne supporte plus les injonctions de l'ONU", a expliqué à l'AFP un haut cadre de la présidence sous couvert d'anonymat.

Début juin, l'ONU, l'Union africaine, l'Union européenne et les Etats-Unis avaient dénoncé conjointement "les entraves aux libertés" et aux activités de l'opposition au Burundi à l'approche du scrutin.

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