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Un ex-ambassadeur du Vatican coupable d'agressions sexuelles est défroqué

27/06/2014 06:36 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le Vatican a défroqué son ancien ambassadeur pour la République dominicaine pour avoir agressé sexuellement des garçons. Il s'agit de la première occasion où un important dignitaire papal est reconnu coupable de ce crime, ce qui signale que le pape François est sérieux dans son intention d'imposer une «tolérance zéro» envers les agressions, et ce sans égard au rang.

Le Saint-Siège a fait savoir vendredi que l'archevêque Jozef Wesolowski avait été reconnu coupable, par la Congrégation vaticane pour la doctrine de la Foi, et condamné à la plus lourde peine possible contre un homme de Dieu en vertu du droit canon: la laïcisation, ce qui signifie qu'il ne peut plus accomplir ses tâches religieuses ou se présenter devant un prêtre.

Wesolowski a deux mois pour porter la cause en appel. Après la fin de cette affaire devant l'Église, il devra passer en cour devant un autre tribunal de la Cité du Vatican, qui pourrait le précipiter en prison s'il est reconnu coupable.

Le Vatican a fait savoir qu'il poserait les «gestes appropriés» pour s'assurer que le prévenu ne prenne pas la fuite en attendant la fin de l'enquête criminelle. La cité-État n'a par ailleurs jamais indiqué comment l'accusé avait répondu aux allégations et n'a pas donné d'informations sur l'identité de son avocat.

L'affaire Wesolowski est surveillée de très près en raison de la nature des accusations. Il s'agissait également d'un test de la volonté du pape de sanctionner même un important responsable pour un crime que le Saint-Siège a longtemps imputé aux prêtres à la foi vacillante, et non pas des représentants directs du pape.

François a d'ailleurs déclaré à des journalistes qu'«il n'y avait pas de privilège» pour quiconque violait un enfant et a promis la «tolérance zéro» pour les agressions à tous les niveaux du pouvoir.

Ce dossier a tout d'abord suscité des interrogations quant aux intentions du Vatican qui, en le soustrayant à la juridiction de la République dominicaine, aurait pu être porté à le protéger et de faire passer ses propres enquêtes avant celles de la nation caribéenne.

L'affaire a été citée par deux comités onusiens ayant questionné le Vatican, plus tôt cette année, sur son bilan en matière d'agressions sexuelles sur des mineurs. Des responsables de la cité-État ont toutefois assuré les membres du comité que justice serait rendue.

Le dossier est particulièrement délicat, puisque Wesolowski a été ordonné prêtre et évêque par son compatriote et ancien pape, Jean-Paul II.

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