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Syrie: le conseil militaire rebelle modéré dissous pour corruption

27/06/2014 03:42 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement de l'opposition syrienne en exil a dissous le Conseil supérieur militaire de l'Armée syrienne libre (ASL), une instance de la rébellion modérée en Syrie accusée de corruption, selon un communiqué diffusé vendredi.

La décision est intervenue jeudi soir au moment de l'annonce par la Maison Blanche que le président Barack Obama a demandé au Congrès d'autoriser un budget de 500 millions de dollars pour "entraîner et équiper" l'opposition modérée armée qui combat le régime de Bachar al-Assad depuis plus de trois ans.

Cette opposition est depuis un an dépassée sur le terrain, en influence et en armement par des jihadistes, surtout ceux de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui mène depuis début juin une offensive fulgurante dans l'Irak voisin, après s'être emparé d'une grande partie de l'est syrien.

"Le chef du gouvernement provisoire Ahmad Tohmé a décidé de dissoudre le Conseil militaire supérieur et de déférer ses membres devant le comité de contrôle financier et administratif du gouvernement pour qu'ils fassent l'objet d'une enquête", selon un communiqué diffusé sur la page Facebook du gouvernement.

"Le chef d'état-major, le général de brigade Abdel Ilah al-Bachir est également limogé", selon le texte qui appelle "les forces révolutionnaires effectives sur le terrain en Syrie à former à un conseil de défense militaire et à une restructuration totale de l'état-major d'ici un mois".

Noyau de la rébellion luttant pour la chute du régime Assad, l'ASL est formée de soldats, officiers et généraux déserteurs rejoints par les civils ayant pris les armes après la répression brutale en mars 2011 par le régime d'un mouvement de contestation réclamant des réformes.

Mais cette principale composante de la rébellion a vu progressivement ses combattants rejoindre les rangs des islamistes et des jihadistes en grande partie venus de l'étranger via notamment la frontière poreuse de l'Irak et qui sont mieux financés et armés.

Militants et rebelles modérés ont sans cesse dénoncé l'inaction de la communauté internationale face à la machine de guerre du régime, les chancelleries occidentales, Washington en tête, ayant exprimé maintes fois leurs réticences à armer les insurgés par crainte de voir l'arsenal tomber aux mains des jihadistes.

Mais le conflit en Syrie a changé de visage avec la montée des jihadistes de l'EIIL qui menace l'intégrité de l'Irak, de la Syrie, mais aussi la sécurité des pays de la région, poussant l'administration Obama à réviser sa politique.

Officiellement, le soutien américain aux rebelles se cantonne depuis le début du conflit à une aide non létale pour un montant total de 287 millions de dollars, même si la CIA participe dans le cadre d'un programme secret à la formation militaire de rebelles modérés en Jordanie.

ram/tp

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