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Présidentielle afghane: Abdullah manifeste, Ghani se voit victorieux

27/06/2014 11:36 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Le candidat à la présidentielle afghane Abdullah Abdullah a manifesté vendredi à Kaboul avec plusieurs milliers de ses partisans contre les fraudes qui ont selon lui entaché le second tour de l'élection, que son rival Ashraf Ghani dit avoir remporté.

M. Abdullah menace de rejeter les résultats du vote du 14 juin, qui n'ont pas encore été annoncés, se disant victime de bourrages d'urnes massifs au profit de M. Ghani. Ce blocage fait craindre une montée des tensions, voire des violences, entre les deux camps.

"Mort à Ashraf Ghani! Mort à la commission électorale!", ont notamment crié les milliers de partisans d'Abdullah rassemblés dans le centre de la capitale et au milieu desquels leur favori avait pris place, juché sur le toit d'un camion.

Il s'agissait de la plus grande manifestation depuis le début de la controverse autour des résultats et de la première à laquelle M. Abdullah a participé, envoyant ainsi un signal de sa détermination.

Abdullah Abdullah avait rassemblé 45% des voix au premier tour du 5 avril contre 31,6% à M. Ghani, et abordé ainsi le second tour en position de clair favori pour remplacer Hamid Karzai, le seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute des talibans fin 2001.

Les premiers résultats officiels du second tour ne sont pas attendus avant le 2 juillet.

Jeudi soir, l'entourage de M. Ghani a publié des chiffres officiels indiquant que son favori avait gagné l'élection avec 59% des voix (4,2 millions de vote) contre 41% à Abdullah (2,9 millions).

La veille, le candidat avait déjà affirmé avoir battu M. Abdullah dans les 34 provinces du pays.

La réussite de cette élection est jugée cruciale pour l'avenir de l'Afghanistan par les bailleurs de fonds et soutiens militaires occidentaux du pays, emmenés par les Etats-Unis, qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars d'aide pour tenter de reconstruire un Etat stable après la chute du régime fondamentaliste des talibans.

Certains observateurs craignent qu'une montée des tensions entre les deux candidats ne rouvre la boîte de Pandore des violences entre les deux plus grands groupes ethniques du pays, les Pachtounes majoritaires au sud et à l'est, dont M. Ghani est issu, et les Tadjiks majoritaires au nord, bastion des partisans de M. Abdullah.

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