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Mondial-2014 - Le Costa Rica, pas d'armée mais des guerriers sur le terrain

27/06/2014 12:11 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Pas d'armée, mais des guerriers sur le terrain! Le Costa Rica, petit pays d'Amérique centrale qui s'enorgueillit d'être dépourvu de force militaire, a écrit une nouvelle page d'histoire en sortant vainqueur contre toute attente du "groupe de la mort" au Mondial.

"Que vivent à jamais le travail et la paix !" La devise du Costa Rica, surnommé "la Suisse de l'Amérique centrale" en raison de sa stabilité politique, de sa relative prospérité et de ses paysages verdoyants, colle autant au pays qu'à sa sélection, qualifiée pour les huitièmes de finale à force d'abnégation.

Ce pays de quelque 4,6 millions d'habitants est le premier à avoir supprimé son armée en 1948 par voie constitutionnelle, avant de déclarer sa "neutralité perpétuelle" en 1983.

"La singularité de ce pays est de ne pas avoir d'armée depuis de nombreuses années, une stabilité politique et démocratique, un haut niveau de développement social et de revenu moyen, à quoi s'ajoute une riche biodiversité", a déclaré à l'AFP le politologue Jorge Vargas Cullel, directeur adjoint du programme universitaire "Estado de la Nación".

Cette bande de terre de 51.100 km² bordée par le Pacifique (ouest) et la mer des Caraïbes (est), coincée entre le Nicaragua (nord) et le Panama (sud), s'est transformée dans les années 1970 et 1980 en un refuge politique pour les voisins d'Amérique latine qui fuyaient les dictatures militaires et ceux d'Amérique centrale traumatisés par les guerres civiles.

Heureusement, les étrangers affluent désormais pour d'autres raisons: plus d'un million de touristes viennent désormais chaque année au Costa Rica pour découvrir ses plages, ses forêts et ses volcans.

- Sport roi -

Mais s'il y a bien un domaine dans lequel le Costa Rica ne s'était jamais fait remarquer, ou presque, c'est le football, qui y est pourtant le sport roi.

A part un huitième de finale au Mondial-1990 et deux quarts de finale en Copa America, les "Ticos" ne se sont distingués que sur leur continent, avec une finale de Gold Cup en 2002 et sept titres en Copa Centroamericana, le championnat des nations d'Amérique centrale dans lequel figure son plus grand rival, le Honduras.

Les Costariciens ont donc été surpris de voir leurs joueurs finir en tête du "groupe de la mort" face à trois ex-champions du monde, l'Uruguay, l'Italie et l'Angleterre, avec une victoire contre les deux premiers.

"En huitièmes, je pensais que je soutiendrais l'Espagne ou l'Italie et que le Costa Rica serait éliminé, mais c'est précisément le contraire qui s'est produit", a reconnu Olman Domaines, un chauffeur de taxi de San José dingue de foot.

Les Costariciens, à défaut de voir leur équipe briller, reportent souvent leur amour sur des sélections ou clubs étrangers: Argentine ou Brésil, FC Barcelone ou Real Madrid.

Cette fois, l'enthousiasme est tel pour la "Sele", modeste 28e nation au classement Fifa, que même les bancs de l'Assemblée nationale sont touchés.

Le député Rafael Ortiz, un ex-dirigeant de foot, a proposé de faire du sélectionneur colombien du Costa Rica, Jorge Luis Pinto, un citoyen d'honneur en guise de reconnaissance pour avoir "écrit la page la plus glorieuse du sport national".

Paulina Ramirez, elle aussi député, a proposé de créer une "Journée nationale du football" le 20 juin, jour où le Costa Rica a acquis sa qualification pour les deux huitièmes de finale de son histoire en Coupe du monde.

Pour l'analyste politique Jaime Ordoñez, la bonne santé de la sélection est le reflet d'une préparation qui combine la discipline et la passion.

"Pinto et ses joueurs ont réussi à faire un mélange heureux de ces deux facteurs. D'abord, le travail et une discipline tactique enviable. Et aussi le second ingrédient: la passion et la faim de victoires", a-t-il écrit dans le journal local Extra.

Suffisant pour obtenir une qualification inédite en quart de finale du Mondial? Réponse dimanche face à la Grèce à Recife.

jta/fbx

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