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Mondial - Uruguay - Tabarez: Suarez a commis "une faute, pas un crime"

27/06/2014 05:28 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Luis Suarez a commis "une faute, pas un crime", a dit le sélectionneur de l'Uruguay, Oscar Tabarez, lors d'un long monologue qui a remplacé la conférence de presse d'avant le huitième de finale du Mondial-2014 contre la Colombie, vendredi à Rio.

L'attaquant uruguayen a commis "une faute, une transgression à la règle, pas un crime", a dit Tabarez au stade Maracana, reconnaissant la faute de son joueur, qui avait mordu l'Italien Giorgio Chiellini et qui a écopé pour cela de neuf matches de suspension avec l'équipe nationale et quatre mois de toute activité lié au football.

Le sélectionneur à présenté son joueur comme un "bouc-émissaire", victime de "harcèlement" et d'une campagne de presse.

"Je ne justifie rien, je ne dis pas qu'il ne faut pas sanctionner, mais toujours, toujours, c'est comme ça entre êtres humains, on doit donner la possibilité de parler à celui qui a commis la faute".

"Lors de la conférence d'aujourd'hui, je vais parler de la suspension qui a frappé notre coéquipier, c'est le sujet principal, celui qui occupe notre esprit, qui nous a touchés", a commencé Tabarez, qui n'a répondu à aucune question et s'est levé au bout d'un quart d'heure de discours.

Après avoir rappelé son parcours, sa carrière d'instituteur et son rôle d'ambassadeur de l'Unesco, le sélectionneur, qui lisait une feuille, a d'abord évoqué le partage des responsabilités entre Suarez et Chiellini.

"Nous pensions que les deux seraient punis", a-t-il dit, avant d'ajouter que la délégation uruguayenne n'aurait "jamais cru" que le mordeur puisse être jugé "avec une sévérité si excessive."

- "La théorie du bouc-émissaire" -

Selon lui, cette décision dépend beaucoup "de l'opinion des médias", notamment britanniques, "qui ont attaqué immédiatement après le match; ceux qui étaient à la conférence de presse (d'Italie-Uruguay) savent de quoi je parle. Il n'y avait qu'un seul sujet", la morsure.

"Je ne sais pas quelle était leur nationalité, mais ils parlaient tous anglais", a persiflé Tabarez, revenant sur la théorie d'un complot anglo-brésilien contre la "Celeste", déjà développé ces derniers jours.

Tabarez a parlé de "harcèlement" contre Suarez et évoqué "la théorie du bouc émissaire". "Si vous avez lu des ouvrages de psychologie sur la vie de groupe, vous savez de quoi je parle".

"Il y a un danger à procéder ainsi", a-t-il ajouté à l'adresse de la commission de discipline de la Fifa (Fédération internationale), rappelant que le fautif avait "des droits".

"Après l'épisode Chiellini-Suarez, nous avons vu au Mondial des choses qui ont été jugées avec une autre mesure", a ajouté l'Uruguayen sans donner d'exemple.

Tabarez a également annoncé qu'il allait remettre sa démission de ses mandats à la Fifa, notamment celui du comité stratégique.

Enfin, il a défendu l'homme Suarez, malgré "l'erreur qu'il a commise", et l'a assuré qu'"il ne (serait) jamais seul" face à ce "qu'il est en train de traverser".

Puis il a conclu par une adresse aux supporters de l'Uruguay: "Plus que jamais, pour le match de demain nous ferons de notre mieux". Il s'agissait de la seule allusion au Colombie-Uruguay du Maracana.

Tabarez s'est levé sous les applaudissements de nombreux journalistes, vraisemblablement uruguayens.

eba/fbx

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