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Les rebelles syriens peinent à lutter contre les intégristes de l'EIIL

27/06/2014 09:43 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Les rebelles syriens que les États-Unis veulent désormais appuyer sont en mauvaise posture, et battent en retraite contre l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL), un groupe radical s'étant emparé de vastes pans du territoire syrien et de l'Irak, alors que certains rebelles déposent tout simplement les armes. Impossible de savoir si la nouvelle promesse américaine consistant à les armer viendra faire une différence.

Certains, les plus radicaux d'entre eux, courbent l'échine et se joignent aux radicaux.

L'administration Obama cherche à obtenir 500 millions $ US pour former et armer ce qu'elle qualifie de factions rebelles «modérées», un projet encore plus ambitieux qu'un plan discret de la CIA en Jordanie ayant permis d'entraîner quelques centaines de soldats par mois.

Mais des responsables américains indiquent qu'il faudra un an pour que le nouveau programme soit entièrement mis en route. Washington devra également s'attaquer à une autre tâche difficile: qu'est-ce qu'un rebelle «modéré» dans un mouvement dominé par l'idéologie islamiste?

Des militants de l'opposition déplorent qu'après avoir longtemps hésité à armer la rébellion pour renverser le président syrien Bachar el-Assad — leur principal objectif — les États-Unis les engagent désormais à lutter contre l'ÉIIL, histoire de défendre leurs propres intérêts.

Ces militants ont souvent affirmé que ce groupe n'avait été en mesure de gagner en puissance qu'en raison du fait que les forces plus modérées n'avaient pas eu l'appui de la communauté internationale.

«Cette décision survient un an et demi trop tard», affirme Ahmad Ramadan, un important membre de la Coalition nationale syrienne, soutenue par l'Occident.

«Si Obama n'avait pas hésité, la situation en Irak n'aurait pas lieu, pas plus qu'il n'y aurait de prolifération de factions extrémistes en Syrie», a-t-il ajouté.

Rencontrant vendredi le leader de l'opposition syrienne Ahmed al-Jarba dans la ville saoudienne de Jeddah, le secrétaire d'État américain John Kerry a clairement indiqué que la priorité, dans l'armement des rebelles, était de lutter contre l'ÉIIL — avec l'espoir que les percées en Syrie puissent saper la puissance du groupe en Irak.

M. Al-Jarba, qui dirige une coalition à partir de sa résidence en exil et qui n'a qu'une autorité limitée sur le terrain, a accueilli chaleureusement l'aide américaine, et en a réclamé plus. Mais en Syrie, des militants de l'opposition étaient sceptiques.

L'aide «ne fera qu'aggraver la crise», a mentionné l'un d'eux dans la ville d'Alep, dans le nord.

«Ils veulent que la Syrie entre dans une nouvelle guerre» entre les rebelles et les extrémistes. «Cela n'aidera pas du tout.»

Alors que l'ÉIIL a avancé rapidement à travers la majorité du nord et de l'ouest de l'Irak ce mois-ci, ses combattants ont également progressé en Syrie contre d'autres rebelles. Ils contrôlent désormais la majorité de la vallée de l'Euphrate, dans l'est de la Syrie, en plus de resserrer leur siège contre la seule ville encore indépendante dans la région, Deir el-Zour.

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