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Les conflits en Irak et en Ukraine menacent la reprise mondiale, dit Oliver

27/06/2014 02:26 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a affirmé que les récents développements en Ukraine et en Irak mettaient en danger la reprise économique et financière mondiale, particulièrement au sein d'une Europe encore fragile.

Le ministre, qui conclut samedi une visite de cinq jours au Royaume-Uni, en Allemagne et en Pologne, a dit avoir été alerté par les Européens quant aux risques croissants de perturbations économiques.

M. Oliver a souligné, vendredi, à Varsovie, que la croissance en Europe demeurait très faible et que les dernières données sur l'inflation montraient une mince progression de 0,5 pour cent.

Le ministre a fait valoir qu'il y avait un danger «très réel» de déflation et que le système bancaire était plus fragile «que ce que l'on voudrait croire».

Il a ajouté que des perturbations extérieures additionnelles dans ce contexte pouvaient être «dangereuses», évoquant les tensions politiques en Ukraine et les combats en Irak ayant mené à un bond des prix du pétrole.

Malgré des taux d'intérêt historiquement bas, les gouvernements et les entreprises n'investissent pas, et les prêteurs ont recommencé à prendre des risques à la recherche de meilleurs rendements, a exposé M. Oliver.

Il a soutenu que l'écart dans les rendements entre des pays et des entreprises avec des notes de crédit très différentes s'était rétréci, ce qui «laisse croire que les prêteurs prennent davantage de risques qu'ils le faisaient auparavant».

M. Oliver a dit croire que les Européens étaient bien conscients des défis auxquels ils font face, et que ces enjeux feraient partie des discussions lors du prochain G20 à l'automne.

Comparativement à l'Europe, le système bancaire canadien se porte bien, tout comme l'économie dans son ensemble, a soutenu le ministre.

Jeudi, l'organisme de surveillance du système financier, le Bureau du surintendant des institutions financières, avait pour sa part exprimé des craintes similaires sur les banques canadiennes y allant de prêts risqués.

«Bien que les pratiques actuelles soient bonnes, l'expérience passée laisse croire qu'il pourrait devenir très tentant dans l'environnement actuel pour les prêteurs hypothécaires et les assureurs de céder au mirage des parts de marché», a fait valoir le surintendant adjoint Mark Zelmer à l’occasion d'une conférence de l’Institut C.D. Howe sur les politiques de logement, à Toronto.

La plupart des analystes blâment des normes de prêts laxistes, particulièrement sur le marché immobilier américain, pour l'effondrement financier de plusieurs banques d'investissement américaines en 2008 ayant déclenché la récession mondiale.

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