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Kerry: l'opposition syrienne modérée peut aider à combattre les jihadistes en Irak

27/06/2014 11:26 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a estimé vendredi que la rébellion syrienne "modérée" pourrait aider à combattre les jihadistes de l'EIIL en Irak, alors que Washington a révélé un projet d'une aide de 500 millions de dollars en faveur de cette rébellion.

M. Kerry, qui a effectué une visite d'environ 3 heures à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, dans le cadre de sa tournée axée sur la crise irakienne, s'est entretenu avec le chef de l'opposition syrienne, Ahmad al-Jarba.

Il a également rencontré le roi Abdallah qui lui a souhaité "le succès" dans ses efforts.

Le souverain, dont le pays est un allié des Etats-Unis, et M. Kerry ont passé en revue "les derniers événements dans la région et l'ensemble de la conjoncture internationale", a rapporté l'agence officielle Spa sans donner de détails.

Lors de son entretien avec M. Jarba, le secrétaire d'Etat a déclaré que "l'opposition syrienne modérée a la capacité d'être un important acteur pour combattre la présence de l'EIIL (...) non seulement en Syrie mais en Irak aussi". Il a ajouté que "(M.) Jarba représente une tribu qui s'étend en Irak", et dont le rôle peut contribuer à entraver l'offensive menée dans ce pays par des insurgés sunnites menés par l'EIIL (l'État islamique en Irak et au Levant).

L'EIIL, présent également en Syrie, veut établir un califat islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie. Son offensive menace aussi les pays voisins comme l'Arabie Saoudite et la Jordanie.

Le chef de l'opposition syrienne a, de son côté, plaidé pour un plus grand engagement américain et de la part des pays de la région afin de contenir la crise en Irak.

"Nous avons besoin d'un plus grand effort de la part des Etats-Unis et des puissances régionales pour faire face à la situation en Irak", a-t-il dit, citant "les voisins de l'Irak, et l'Arabie saoudite en particulier".

Plaidant pour "une plus grande assistance" à sa coalition, M. Jarba a qualifié de "très importante" l'aide de 500 millions de dollars que le président américain Barack Obama a demandée jeudi au Congrès pour "entraîner et équiper" l'opposition modérée syrienne.

Le secrétaire d'Etat a rencontré jeudi à Paris ses pairs d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de Jordanie pour évoquer en urgence la crise irakienne et la menace posée par les jihadistes.

Le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saoud al-Fayçal, a insisté lors de cette réunion sur la nécessaire coopération entre les pays de la région pour renverser la situation.

L'Arabie saoudite a ouvertement accusé ces derniers jours le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, d'avoir conduit l'Irak au bord du gouffre par sa politique d'exclusion des sunnites, et a réclamé la formation d'un gouvernement d'entente nationale. M. Kerry a lancé un appel dans le même sens lors de sa visite en Irak lundi et mardi.

Les insurgés sunnites de l'EIIL ont pris le pas sur les rebelles modérés en Syrie dans la lutte contre le régime de Bachar al-Assad et ont lancé le 9 juin une offensive éclair en Irak, s'emparant de Mossoul, la deuxième ville du pays et de larges pans du territoire dans le nord et l'ouest du pays.

Cette offensive inquiète au plus haut point Washington, qui craint une déstabilisation de toute la région.

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