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Jean-Claude Juncker est nommé à la tête de la Commission européenne

27/06/2014 11:34 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

BRUXELLES - L'ancien premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a été nommé vendredi à la tête de la puissante Commission européenne.

Sa nomination survient après des semaines de négociations musclées.

Les leaders européens réunis à Bruxelles ont fait fi de la tradition qui exige un consensus dans le choix du chef de la Commission, en nommant M. Juncker en dépit de l'opposition farouche du premier ministre britannique David Cameron. Ce faisant, cette nomination vient contrevenir à une tradition de consensus vieille de plusieurs décennies. Selon le président du conseil de l'UE, Herman Van Rompuy, 26 des 28 pays du bloc continental ont voté en faveur de M. Juncker, la Grande-Bretagne et la Hongrie étant les seuls à s'y opposer.

«Vous devez parfois perdre une bataille avant de gagner la guerre», a déclaré M. Cameron après le vote, estimant que l'habitué de longue date des sphères du pouvoir à Bruxelles était «la mauvaise personne» pour diriger l'union regroupant environ 500 millions de personnes. «C'est une mauvaise journée pour l'Europe. Tout ce processus vient renforcer mon avis selon lequel l'Europe doit changer», a-t-il ajouté.

La nomination de l'homme de 59 ans doit encore être confirmée par le Parlement européen, avant qu'il ne remplace Jose Manuel Barroso plus tard cette année à la tête de la puissante institution exécutive de l'Europe, chargée de rédiger les projets de loi, de superviser les budgets nationaux et de gérer les politiques du marché unique européen.

«Je crois véritablement qu'il est un Européen engagé et un leader politique expérimenté», a dit M. Barroso de son successeur.

Le choix de M. Juncker a été annoncé sur Twitter par M. Van Rompuy.

M. Cameron avait annoncé son intention, vendredi, de voter contre M. Juncker, qu'il perçoit comme l'incarnation du mouvement européen qui refuse de rendre leurs pouvoirs aux États membres de l'UE — quelque chose que les électeurs ont semblé réclamer après la percée des partis eurosceptiques lors des élections parlementaires continentales en mai. «Si vous croyez en un principe, vous devriez le défendre, a lancé M. Cameron. Je suis très sérieux à propos de ma lutte pour des réformes de l'UE.»

Le leader britannique estime par ailleurs que l'abandon de la formule du consensus était «une grave erreur». «En travaillant ensemble, nous aurions pu trouver un autre candidat», a-t-il dit.

Certains observateurs craignent maintenant de voir le Royaume-Uni, un pays où l'euroscepticisme est déjà bien ancré, claquer la porte du bloc continental.

Les tensions causées par l'opposition britannique sont palpables. Le premier ministre belge Elio di Rupo a déclaré qu'un pays ne peut s'opposer seul à la volonté des 26 ou 27 autres, tandis que son homologue finlandais Alexander Stubb prévenait qu'un pays qui envoie la moitié de ses exportations vers l'UE ne devrait pas prendre à la légère un départ éventuel du bloc économique.

M. Juncker a dirigé le Luxembourg pendant près de 20 ans. Il a aussi joué un rôle de premier plan dans la naissance de la monnaie unique, l'euro.

Les membres de centre-gauche et de centre-droite du Parlement européen devraient voter en faveur de M. Juncker, assurant sa nomination. Les parlementaires de gauche pourraient toutefois monnayer leur appui pour obtenir des postes importants, notamment celui de chef de la diplomatie européenne actuellement occupé par Catherine Ashton.

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