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Combats dans la ville irakienne de Tikrit, Kerry en Arabie saoudite

27/06/2014 08:29 EDT | Actualisé 27/08/2014 05:12 EDT

L'armée appuyée par l'aviation tentait vendredi de déloger les insurgés sunnites de la cité clé de Tikrit prise durant leur offensive fulgurante en Irak, le secrétaire d'Etat John Kerry poursuivant en Arabie saoudite sa mission au chevet de ce pays menacé d'éclatement.

Après l'annonce par le Premier ministre Nouri al-Maliki que parallèlement à l'action militaire, une solution politique était désormais nécessaire pour sortir le pays de la crise, le Parlement issu des élections d'avril se prépare à se réunir le 1er juillet pour déclencher le processus politique de formation d'un gouvernement.

M. Maliki, un chiite critiqué pour sa marginalisation des sunnites et son monopole du pouvoir, a finalement cédé aux appels de la communauté internationale pour qui seul un gouvernement rassemblant toutes les forces politiques et les communautés est à même de faire face à l'offensive jihadiste lancée le 9 juin.

Mais le processus politique pour un tel gouvernement risque d'être long. Le nouveau Parlement doit élire dans un délai de 30 jours un président de la République. Ce dernier aura ensuite 15 jours pour charger M. Maliki, dont le bloc est arrivé en tête du scrutin, de former un nouveau gouvernement dans un délai de 30 jours.

Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a appelé les dirigeants à "se mettre d'accord sur les trois présidences (de la République, du Parlement et le Premier ministre, ndlr) dans le délai constitutionnel imparti".

En attendant, les troupes gouvernementales, après leur débandade aux premiers jours de l'offensive, tentent non sans grande peine de reprendre des régions prises par les insurgés menés par les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Après s'être emparée la veille de l'université de Tikrit à 160 km au nord de Bagdad, l'armée menait vendredi des raids aériens contre les insurgés et préparait un assaut sur la ville qu'elle encercle, selon un haut gradé.

Les combats ont poussé les familles des employés de l'université à fuir. L'université est stratégiquement située sur la voie vers Baïji, la principale raffinerie de pétrole en Irak, et vers une base militaire plus au nord aux mains des insurgés.

- 'Maintenant c'est fini' -

Selon l'ONG Human Rights Watch, les combattants de l'EIIL ont procédé à Tikrit à des exécutions de masse, tuant entre 160 à 190 soldats dans cet ancien fief du président sunnite Saddam Hussein renversé par l'invasion américaine en 2003.

"Les photos et les images satellites de Tikrit fournissent clairement la preuve d'un horrible crime de guerre", a-t-elle indiqué.

Outre ce chef-lieu et d'autres secteurs de la province de Salaheddine (nord), les insurgés ont mis la main sur Mossoul, deuxième ville d'Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), d'autres secteurs des provinces de Diyala (est), Kirkouk (nord) et Al-Anbar (ouest).

Devant la progression des insurgés, les forces de sécurité s'étaient retirées le 12 juin de Kirkouk, ville multiethnique et pétrolière au nord de Bagdad, mais ce sont les forces de la région autonome du Kurdistan qui en ont pris le contrôle.

Le président du Kurdistan Massoud Barzani a affirmé que le contrôle de cette ville par les Kurdes ne saurait être remis en cause, après une rencontre avec le chef de la diplomatie britannique, William Hague.

"Maintenant, c'est fini", a-t-il dit en référence à la dispute opposant le Kurdistan, qui revendique la ville, au pouvoir central à Bagdad.

Cette position pourrait encore compliquer la formation d'un gouvernement rassemblant toutes les parties et voulu par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux et arabes.

- Couloirs humanitaires -

Après des visites au Moyen-Orient dont l'Irak, et en Europe, M. Kerry est arrivé à Jeddah dans l'ouest du royaume saoudien sunnite pour s'entretenir avec le roi Abdallah de la menace posée par l'EIIL, ainsi qu'avec le chef de l'opposition syrienne, Ahmad Al-Jarba.

Il y a déclaré que "l'opposition syrienne modérée a la capacité d'être un important acteur pour combattre la présence de l'EIIL (...) non seulement en Syrie mais en Irak aussi".

L'EIIL, qui ambitionne d'établir un califat islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie, est aussi engagé dans la guerre en Syrie où il contrôle des pans de territoires dans l'Est, frontalier de l'ouest irakien.

Washington a de son côté appelé les leaders arabes à lutter contre les financements privés en provenance de leurs pays destinés aux jihadistes.

L'offensive de l'EIIL, aidés d'ex-officiers de l'armée de Saddam Hussein, de groupes salafistes et d'éléments tribaux, menace aussi les pays voisins comme l'Arabie saoudite et la Jordanie qui ont renforcé leur dispositif de sécurité aux frontières.

Elle a fait des centaines de morts en Irak et des centaines de milliers de déplacés.

L'Organisation internationale des Migrations(OIM) a lancé un appel pour l'ouverture de couloirs humanitaires afin d'atteindre les déplacés irakiens.

Et selon des habitants et une agence de l'ONU, près de 10.000 personnes ont fui les bombardements autour de la ville chrétienne de Qaraqosh, dans le nord de l'Irak.

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