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Ukraine : les Occidentaux font monter la pression sur Moscou avant l'expiration de la trêve

26/06/2014 01:21 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Les Occidentaux accentuaient encore leur pression jeudi sur la Russie, sommée par Washington d'oeuvrer "dès les prochaines heures" à l'apaisement de la situation dans l'est de l'Ukraine, à la veille de l'expiration d'un fragile cessez-le-feu.

Des combats (plus de 400 morts depuis avril) se sont en fait poursuivis ces derniers jours dans le bassin industriel russophone du Donbass, malgré le cessez-le-feu décrété vendredi par le président ukrainien Petro Porochenko et accepté par un chef rebelle.

A la veille de l'expiration de la trêve, mais aussi de la signature d'un accord commercial crucial entre Kiev et l'Union européenne, vu d'un très mauvais oeil par Moscou, les Occidentaux ont haussé le ton.

"Il est crucial que la Russie montre dans les prochaines heures qu'elle travaille au désarmement des séparatistes, qu'elle les encourage à désarmer, qu'elle les appelle à déposer les armes et à participer à un processus légitime", a déclaré le secrétaire américain John Kerry à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue français Laurent Fabius.

Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, M. Porochenko a exhorté la Russie à "jouer le jeu", à savoir "rappeler les mercenaires qui traversent la frontière russe". Il a précisé que le cessez-le-feu était en vigueur jusqu'à vendredi 22H heure locale (19H GMT).

Le ministère russe des Affaires étrangères a, quant à lui, dénoncé "des tentatives simplistes" de lui imputer "l'entière responsabilité" de la situation, et a montré du doigt des commentaires de l'Otan sur l'absence de résultats concrets émanant de Moscou, stigmatisant des "stéréotypes issus de la Guerre froide".

Mercredi soir déjà, Barack Obama avait menacé Moscou de nouvelles sanctions si elle ne prenait pas des "initiatives concrètes immédiates pour faire cesser l'envoi d'armes et de militants à travers la frontière".

Dans un entretien téléphonique jeudi, l'homme fort du Kremlin a insisté auprès de la chancelière allemande Angela Merkel sur "la nécessité de prolonger la trêve".

Au cours d'une discussion mercredi, les dirigeants français François Hollande et allemand ont appelé MM; Porochenko et Poutine à "travailler ensemble" pour faire cesser les combats entre les insurgés prorusses et l'armée, selon Paris.

- Décentralisation, mais pas de fédération -

Dix parachutistes des forces ukrainiennes ont été blessés mercredi dans une attaque des rebelles à des barrages routiers, a dit un porte-parole de l'armée.

Le président ukrainien avait brandi la menace d'une levée du cessez-le-feu après la mort de neuf soldats dans la destruction d'un hélicoptère. Sa prorogation souhaitée par Moscou reste incertaine vu les "violations massives" du cessez-le-feu que l'armée ukrainienne a affirmé avoir constaté.

Pour tenter d'apaiser la situation, le président ukrainien doit présenter au parlement une réforme accordant plus de pouvoirs aux régions : élection des gouverneurs par les élus locaux (et non nomination par Kiev) et usage élargi de la langue russe dans l'enseignement et les entreprises.

Mais cette décentralisation ne va pas jusqu'à la mise en place de la structure fédérale demandée par la Russie, un moyen, selon certains observateurs de conserver son influence sur l'Est russophone en dépit du rapprochement avec l'UE.

- Sanctions économiques ? -

L'accord commercial que doit signer Kiev avec Bruxelles vise en particulier à supprimer l'essentiel des barrières douanières entre l'Ukraine et les pays de l'UE.

La signature du document était initialement prévue pour novembre dernier, avant la volte-face de Viktor Ianoukovitch, qui a préféré se tourner vers la Russie pour obtenir une aide économique alors que l'Ukraine, une ex-république soviétique, subit une récession quasi permanente depuis plus de deux ans.

Ce retournement de situation avait provoqué le mouvement de contestation qui a conduit à la chute du président, suivie du rattachement de la Crimée à la Russie, puis de l'insurrection séparatiste dans l'Est.

La Russie a averti mercredi qu'elle prendrait des "mesures de protection" s'il s'avérait que les accords d'association qui doivent être signés vendredi entre l'UE et l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, nuisaient à son économie.

Des négociations sont prévues pour le 11 juillet entre l'UE, Moscou et Kiev au niveau ministériel, concernant les conditions de l'application de l'accord.

"La tension va monter" avec la signature de cet accord, ont estimé les analystes du centre spécialisé dans les relations internationales Eurasia Group.

"Pour la Russie, il est impératif de maintenir des liens privilégiés commerciaux et économiques avec l'est de l'Ukraine et d'empêcher l'Ukraine, qui entretient largement un régime de libre-échange avec la Russie, de devenir un point d'entrée pour les produits européens sur le marché russe", ont-ils ajouté.

Ces experts ont jugé "probable" l'adoption de sanctions économiques d'ici à la fin de l'année car "la diplomatie patine et la violence continue dans l'Est".

Les mesures de rétorsion appliquées notamment par les Etats-Unis et l'UE ne visent que certaines hautes personnalités russes liées au pouvoir et des sociétés leur appartenant.

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LOUKOIL

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