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UE: vers une défaite en rase campagne pour Cameron, Merkel lui tend la main

26/06/2014 09:23 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

David Cameron s'apprête à subir une défaite en rase campagne lors du sommet des dirigeants européens, mais Angela Merkel lui a tendu la main dès jeudi en plaidant pour un "compromis" sur le contenu des politiques européennes.

Deux semaines après avoir organisé un mini-sommet des anti-Juncker avec le Premier ministre britannique, ses homologues suédois Fredrik Reinfeldt et néerlandais Mark Rutte ont capitulé mercredi et annoncé être désormais favorables à la nomination de l'ancien Premier ministre luxembourgeois.

Il ne reste donc plus que le Hongrois Viktor Orban pour mener un combat qui rappelle les grandes heures des vétos britanniques.

C'est Angela Merkel qui leur a signifié la capitulation quand elle a prévenu qu'elle était tout à fait prête à aller au vote demandé par M. Cameron. Elle l'a confirmé jeudi à son arrivée à une réunion des dirigeants du PPE, le parti de centre droit européen, à Courtrai.

"David Cameron a dit à plusieurs reprises" qu'il voulait un vote, a déclaré la chancelière allemande. "Je pense que ce n'est pas un drame si le vote n'est pas unanime", a-t-elle réaffirmé.

Mais elle a aussitôt tendu la main à David Cameron, dont elle a besoin face à l'offensive de la gauche européenne en faveur d'une plus grande souplesse dans l'application des règles budgétaires européennes.

"Nous devons faire en sorte de trouver un large terrain d'entente sur le contenu" des politiques européennes dans les prochaines années, a-t-elle dit. "Je pense que nous pouvons trouver des compromis et faire un pas vers la Grande-Bretagne", a insisté Mme Merkel.

Le nouveau Premier ministre conservateur finlandais, Alexander Stubb, est allé dans le même sens en souhaitant que les chefs d'Etat et de gouvernement fixent à Jean-Claude Juncker un programme de "libéralisation" économique, "plus près de la position britannique".

"De ce point de vue, je ne pense pas que les Britanniques seront perdants", a-t-il ajouté.

Les dirigeants de gauche avaient apporté leur soutien à M. Juncker le week-end dernier. Mais en échange, la gauche européenne, emmenée par le président français François Hollande et le populaire chef du gouvernement italien Matteo Renzi, réclame une plus grande flexibilité dans l'application du Pacte de stabilité, pour soutenir l'investissement et la croissance.

Angela Merkel campe sur ses positions. Elle a répété mercredi son refus de modifier le Pacte. "Il fixe des règles claires et offre une multitude de possibilités de flexibilité", a-t-elle affirmé.

Le vice-chancelier social-démocrate, Sigmar Gabriel a suggéré jeudi de supprimer l'obligation faite aux Etats qui veulent bénéficier de fonds européens de mettre aussi de l'argent sur la table, en évoquant une économie de 15 milliards d'euros pour l'Italie.

- "Prise de pouvoir du Parlement" -

Même si la désignation vendredi de M. Juncker est acquise, M. Cameron a promis de lutter "jusqu'au bout". "Je pense que le président de la Commission européenne devrait être choisi par les chefs d'Etat et de gouvernement élus. Il ne faut pas accepter cette prise de pouvoir par les partis et le Parlement européen", a-t-il encore plaidé mercredi.

Selon le site EU Observer, il pourrait pour manifester sa mauvaise humeur refuser de signer les conclusions du sommet.

Jeudi, les 28 chefs d'État et de gouvernement mettaient momentanément de côté leurs querelles pour rendre hommage aux millions de morts de la Première Guerre mondiale, près d'un siècle après l'attentat de Sarajevo qui avait précipité le continent dans le conflit.

Ils se retrouvaient dans l'après-midi dans la ville martyre d'Ypres (nord-ouest de la Belgique).

Le président du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy, a décidé que leur dîner serait uniquement consacré aux priorités de l'UE, et donc au programme de travail de la Commission pour les cinq prochaines années.

M. Van Rompuy a renoncé à son idée de régler la question de la présidence de la Commission dans le cadre d'un "paquet" comprenant les autres hautes fonctions des institutions européennes: président du Conseil, chef de la diplomatie, président de l'Eurogroupe, voire quelques postes clés au sein de la Commission.

Un sommet extraordinaire pourrait être organisé le 16 ou le 17 juillet, dans la foulée de l'investiture du président de la Commission.

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