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UE: Merkel tend la main à Cameron, qui se prépare à encaisser sa défaite

26/06/2014 01:15 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

La chancelière allemande Angela Merkel a tendu la main jeudi à son homologue britannique David Cameron, réduit à encaisser la défaite sur la désignation du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

"Nous devons faire en sorte de trouver un large terrain d'entente sur le contenu" des politiques européennes dans les prochaines années, a affirmé Mme Merkel à son arrivée à une réunion de la droite européenne avant l'ouverture d'un sommet de l'UE.

"Je pense que nous pouvons trouver des compromis et faire un pas vers la Grande-Bretagne", a-t-elle insisté, après avoir la veille expliqué que mettre M. Cameron en minorité dans un vote ne serait pas "un drame".

Lâché dans la foulée par ses alliés suédois Fredrik Reinfeldt et néerlandais Mark Rutte, avec lesquels il avait organisé il y a deux semaine une conjuration des anti-Juncker, M. Cameron a dû en prendre acte.

"Il y aura un vote demain et nous verrons son issue. Mais il est absolument vital que les gens sachent que je fais ce que je dis", a-t-il encore martelé jeudi à la BBC. Mais s'il a jugé que ses homologues commettaient une erreur en cédant au Parlement européen sur leurs prérogatives concernant la nomination du chef de l'exécutif européen, il a exclu d'agiter la menace d'une rupture.

Le sommet "est le premier pas d'une longue campagne pour assurer des changements en Europe, une meilleure position de la Grande-Bretagne" avant le référendum prévu en 2017 sur son maintien dans l'Union, a-t-il dit.

Le nouveau Premier ministre conservateur finlandais, Alexander Stubb, a lui aussi tenté de lui faciliter la tâche, en souhaitant que les chefs d'Etat et de gouvernement fixent à M. Juncker un programme de "libéralisation" économique, "plus près de la position britannique". "De ce point de vue, je ne pense pas que les Britanniques seront perdants", a-t-il ajouté.

- "Nécessaire soutien à la croissance" -

Pour les tenants de l'orthodoxie budgétaire, l'enjeu est de ne pas perdre l'allié britannique face à l'offensive de la gauche européenne en faveur d'une plus grande souplesse dans l'application des règles budgétaires.

Les dirigeants sociaux-démocrates, emmenés par le Français François Hollande et l'Italien Matteo Renzi, avaient apporté leur soutien à M. Juncker dès le week-end dernier. Mais en échange, ils réclament une plus grande flexibilité dans l'application du Pacte de stabilité, pour soutenir l'investissement et la croissance.

Angela Merkel a répété mercredi son refus de modifier ce Pacte. "Il fixe des règles claires et offre une multitude de possibilités de flexibilité", a-t-elle affirmé.

Les dirigeants européens devraient s'entendre sur la nécessité d'exploiter toutes les marges existantes, selon un projet de conclusions obtenu par l'AFP. "Il faut utiliser les possibilités offertes par le cadre budgétaire européen actuel, pour trouver un équilibre entre la discipline budgétaire et le nécessaire soutien à la croissance", indique le document.

Le vice-chancelier social-démocrate, Sigmar Gabriel, a suggéré de supprimer l'obligation faite aux Etats qui veulent bénéficier de fonds européens de mettre aussi de l'argent sur la table, en évoquant une économie possible de 15 milliards d'euros pour l'Italie.

Jeudi, les 28 dirigeants ont mis momentanément de côté leurs querelles pour rendre hommage aux millions de morts de la Première Guerre mondiale, près d'un siècle après l'attentat de Sarajevo qui, le 28 juin 1914, avait déclenché le conflit.

Ils ont symboliquement ouvert leur sommet dans la ville martyre d'Ypres, au nord-ouest de la Belgique, théâtre de plusieurs batailles majeures et de la première utilisation d'armes chimiques.

Leur dîner doit être consacré aux priorités de l'UE, et donc au programme de la Commission, pour les cinq prochaines années, avant la désignation de M. Juncker comme président vendredi.

Les discussions sur la répartition des autres postes clés de l'UE --chef de la diplomatie, présidence de l'Eurogroupe, voire présidence du Conseil-- se jouera lors d'un sommet extraordinaire qui devrait se tenir le 17 juillet, au lendemain de l'investiture du nouveau président de la Commission par le Parlement européen.

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