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Turquie: le pouvoir dépose un projet pour faire progesser la paix avec les Kurdes

26/06/2014 06:58 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement islamo-conservateur turc a déposé jeudi au parlement un projet de réforme destiné à raviver le processus de paix, actuellement au point mort, avec les séparatistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le texte propose un cadre légal aux discussions que mène depuis l'automne 2012 les responsables gouvernementaux turcs avec le chef emprisonné à vie du PKK, Abdullah Ocalan.

Ce projet prévoit ainsi la protection juridique des responsables du pays impliqués dans les négociations avec le PKK, considéré par la Turquie et une bonne partie de la communauté internationale comme une organisation terroriste.

Il prépare aussi la réhabilitation des combattants du PKK en autorisant le gouvernement "à prendre les mesures nécessaires pour leur retour dans leur foyer et leur participation et l'intégration à la vie sociale", précise le texte.

Le Parti gouvernemental de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) dispose d'une majorité au parlement où le projet devrait être rapidement voté d'ici la première semaine de juillet, a-t-on précisé de source parlementaire.

Cette initiative intervient avant l'annonce attendue, le 1er juillet, de la candidature du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à l'élection présidentielle des 10 et 24 août.

M. Erdogan compte sur le soutien d'une partie de la minorité kurde du pays, estimée à environ 15 millions de personnes soit 20% de sa population, pour être élu dès le premier tour de scrutin, pour la première fois au suffrage universel direct.

Le coprésident du principal parti pro-kurde de Turquie, le Parti démocratique du peuple (HDP), Selahattin Demirtas, a salué le projet du pouvoir mais prévenu que "la paix ne doit pas être l'otage" de la présidentielle.

Engagées fin 2012, les discussions avec le PKK piétinent.

Le cessez-le-feu décrété en mars 2013 par cette organisation tient dans l'ensemble, mais le PKK a interrompu au cours de l'été dernier le repli de ses combattants vers leurs bases irakiennes pour dénoncer la lenteur des négociations en cours.

La tension est brusquement remontée ces dernières semaines dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie où des heurts ont coûté la vie à au moins trois kurdes.

Le conflit kurde a fait plus de 45.000 morts depuis 1984.

BA/pa/ros

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