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Thaïlande: le coup d'Etat n'était "pas planifié", assure la junte

26/06/2014 02:26 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Un haut responsable militaire a rejeté les déclarations accusant la junte thaïlandaise d'avoir prévu de se débarrasser de l'influence de l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra des années avant le coup d'Etat du 22 mai, selon une interview à la BBC.

"A ma connaissance, cela n'a pas été planifié. Parce que si cela avait été planifié, ce serait illégitime", a déclaré Chatchalerm Chalermsukh, général en charge de la supervision du système judiciaire.

Cette affirmation s'oppose aux déclarations qu'aurait faites ce week-end Suthep Thaugsuban, bouillonnant meneur des manifestations ayant précédé le coup d'Etat.

Selon la presse locale, il a assuré samedi lors d'un dîner de gala qu'il planifiait ce putsch avec le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, depuis 2010.

Le fait que le coup d'Etat se soit passé "en douceur", donnant l'impression d'une grande préparation, s'explique par le fait que l'armée était déjà présente à Bangkok, pour maintenir l'ordre, après sept mois de manifestations et de violences meurtrières, a assuré le général Chatchalerm dans l'interview à la BBC.

Le régime militaire thaïlandais est sous le feu des critiques de Washington et Bruxelles pour avoir suspendu depuis un mois de nombreuses libertés civiles ainsi que la Constitution, au motif de rétablir l'ordre public et le "bonheur" du peuple.

La junte a exclu des législatives avant un an et son programme ressemble fort jusqu'ici aux revendications de Suthep, notent les analystes, en particulier l'idée d'installer un Conseil des réformes non élu avant l'organisation de nouvelles élections.

"Quand nous atteindrons la phase finale, avec une nouvelle élection, les réformes auront été accomplies", a insisté le général Chatchalerm.

"Tous les Thaïlandais auront le droit de prendre part à ces élections, y compris la famille de Thaksin Shinawatra", a-t-il promis, alors que le coup d'Etat est largement vu comme une tentative des élites traditionnelles d'empêcher le retour sur la scène politique des partisans de Thaksin, Premier ministre renversé par le précédent putsch en 2006.

Ses proches étaient revenus au pouvoir en remportant toutes les élections nationales organisées après. Sa soeur Yingluck, devenue Première ministre en 2011, avait été destituée par la justice juste avant le coup d'Etat de mai.

"Nous ne pourchassons pas Thaksin comme nous l'avons fait par le passé. Il est libre de faire ce qu'il veut", a encore ajouté le général sur la BBC.

Thaksin, qui reste le facteur de division du royaume, vit en exil pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour malversations financières.

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