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Syrie: Damas continue de restreindre la livraison de l'aide humanitaire (ONU)

26/06/2014 12:07 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement syrien continue de vouloir contrôler strictement la livraison d'aide humanitaire dans le pays et impose des obstacles bureaucratiques ou arbitraires, a déploré jeudi une responsable de l'ONU.

"L'objectif du gouvernement syrien reste de contrôler le travail de l'ONU et de ses partenaires, alors que nous nous concentrons sur les personnes qui ont si désespérément besoin de notre aide", a déclaré devant le Conseil de sécurité Valerie Amos, la patronne des opérations humanitaires des Nations unies.

Elle présentait le quatrième rapport de l'ONU sur l'accès humanitaire en Syrie. Ce rapport évalue à 10,8 millions le nombre de Syriens ayant besoin de secours et souligne que les organisations humanitaires ont du mal à atteindre 4,7 millions de Syriens.

En raison de l'insécurité et des restrictions, l'ONU "est dans l'impossibilité d'atteindre de manière durable près de la moitié de ceux qui ont le plus besoin de secours", a relevé Mme Amos.

Elle a notamment mis en cause les nouvelles procédures imposées depuis avril par Damas pour contrôler les camions, "qui ont été mal appliquées et ont occasionné des retards importants dans les livraisons". "Des restrictions et obstructions arbitraires, y compris des procédures bureaucratiques imposées par le gouvernement, limitent" l'acheminement des secours, a-t-elle encore dénoncé.

Mme Amos a réclamé une nouvelle fois que Damas autorise le passage des convois d'aide par les frontières de la Syrie avec la Turquie, l'Irak et la Jordanie, ce qui permettrait selon elle d'atteindre 1,3 million de personnes dans le besoin.

Le Conseil de sécurité mène depuis plusieurs semaines des discussions sur une résolution --préparée par la Jordanie, le Luxembourg et l'Australie-- qui prévoirait l'acheminement de l'aide par quatre points de passage transfrontaliers. La Russie, qui préside le Conseil en juin, a proposé une procédure pour contrôler ces convois mais celle-ci est rejetée par ses partenaires occidentaux.

Selon l'ambassadeur australien Gary Quinlan, la proposition russe n'est pas viable car Damas "continue de mettre toute une série de conditions très restrictives" à la livraison des secours une fois la frontière franchie.

S'exprimant jeudi devant des journalistes, M. Quinlan a cependant émis l'espoir de pouvoir proposer "très rapidement" un projet de résolution aux membres du Conseil. Il a refusé de préciser si la Russie et la Chine étaient disposées à soutenir ce texte ou si les Occidentaux prenaient le risque d'un nouveau veto de ces deux pays. "Il y a une vraie volonté de la part de tous les membres du Conseil de trouver une solution", a-t-il affirmé.

De son côté, la Syrie a averti le Conseil qu'elle considérerait comme une agression toute tentative de faire passer des convois humanitaires par ses frontières extérieures sans son accord.

avz/sam

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