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Raids aériens syriens sur les insurgés en Irak, William Hague à Bagdad

26/06/2014 06:15 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a annoncé jeudi que la Syrie avait mené des raids aériens contre les insurgés en Irak où un responsable britannique est arrivé pour pousser les dirigeants à s'unir face à la crise dans le pays menacé d'implosion.

La visite du chef de la diplomatie William Hague est intervenue après celle de son homologue américain John Kerry, la communauté internationale s'alarmant de l'offensive lancée le 9 juin en Irak par les insurgés menés par les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et d'un débordement du conflit.

M. Kerry poursuivait sa mission sur l'Irak à Paris, avant de se rendre vendredi en Arabie saoudite, pays qui a accusé M. Maliki, un chiite, d'avoir conduit son pays au bord du gouffre par sa politique d'exclusion de la minorité sunnite.

Dans une déclaration à la BBC, M. Maliki a affirmé que l'aviation du régime syrien, confronté depuis trois ans à une rébellion syrienne et à des jihadistes étrangers dont ceux de l'EIIL, avait mené des frappes contre les insurgés ayant pris le contrôle de la ville irakienne d'Al-Qaïm (ouest), frontalière de la Syrie.

Il a "accueilli favorablement" toute frappe contre les insurgés, mais affirmé que son gouvernement n'avait pas réclamé les raids, alors que les forces irakiennes peinent à repousser la progression des insurgés et ne parviennent pas à reprendre les territoires conquis par ces derniers à l'ouest et au nord de Bagdad.

Pour enrayer l'offensive des insurgés, les Etats-Unis oeuvrent avec leurs alliés occidentaux et arabes pour la formation d'un gouvernement rassemblant toutes les forces politiques et les communautés du pays miné par les divisions.

- 'Menace existentielle' -

"L'Etat irakien fait face à une menace existentielle, avec d'importantes ramifications pour la stabilité et la liberté futures du pays", a dit M. Hague, cité dans un communiqué du Foreign Office. "Le plus important facteur qui va déterminer si l'Irak surmontera ou non ce défi est l'unité politique".

Déterminé à se maintenir au pouvoir, M. Maliki a mis en garde ses rivaux politiques contre toute tentative de le marginaliser, notamment après des appels de notables de tribus sunnites à un cabinet qui ne tiendrait pas compte des résultats des législatives du 30 avril où le Bloc Maliki est arrivé en tête.

Il a dénoncé "un coup d'Etat à l'encontre de la Constitution et du processus politique" et "une tentative (...) d'éliminer le jeune processus démocratique".

Les Etats-Unis ont expliqué que M. Maliki rejetait l'idée d'un "gouvernement d'urgence", mais qu'il s'était "clairement engagé pour boucler le processus électoral, réunir le nouveau Parlement et avancer dans le processus constitutionnel vers la formation d'un gouvernement" vers le 1er juillet.

"La formation d'un gouvernement est notre principal défi", a dit M. Kerry lors de sa visite en Irak en début de semaine, en parlant "d'un moment très critique pour l'Irak".

Après avoir mobilisé des milliers de ses partisans pour combattre les insurgés menés par les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), l'influent chef chiite Moqtada al-Sadr a promis de "faire trembler la terre sous les pieds de l'ignorance et de l'extrémisme".

- Sadr contre l'aide américaine -

M. Sadr, un critique de M. Maliki, a lui aussi appelé à un gouvernement rassemblant toutes les communautés.

Il s'est de plus déclaré opposé à l'envoi de 300 conseillers militaires en Irak, dont 40 sont à pied d'oeuvre, assurant qu'il n'accepterait qu'un "soutien international de la part de pays qui n'occuperait pas l'Irak".

A ce titre, l'Iran, allié chiite du pouvoir de même confession à Bagdad, a secrètement déployé des drones de surveillance en Irak et y convoie du matériel militaire par voie aérienne, selon le New York Times.

L'offensive des insurgés sunnites a fait plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés, l'ONU avertissant que la crise compromet de plus les récoltes et met en péril la sécurité alimentaire du pays.

A la faveur d'une entente locale avec Al-Qaïda en Syrie voisine, pays en guerre depuis plus de trois ans, l'EIIL s'est emparé du poste-frontière de Boukamal, pendant de celui irakien d'Al-Qaïm qu'il contrôle déjà.

Le groupe jihadiste, qui avance dans l'est de la Syrie et dans l'ouest irakien frontalier, progresse ainsi vers son objectif de créer un Etat islamique dans une zone à cheval entre les deux pays.

La coalition que dirige l'EIIL rassemble d'anciens officiers de l'armée de Saddam Hussein, renversé par l'invasion américaine, des groupes salafistes et des éléments tribaux. L'un de leurs chefs Ils ont

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