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Ouganda: les tortures policières continuent malgré la loi

26/06/2014 08:36 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Les tortures policières continuent en Ouganda malgré une loi adoptée en 2012, et des victimes attendent toujours leur indemnisation, parfois depuis des années, a averti jeudi la Commission ougandaise des droits de l'homme (UHRC).

"Malgré la nouvelle loi contre la torture et les autres efforts pour la combattre en Ouganda, les rapports récents révèlent que les cas de torture se situent toujours parmi les principales violations des droits de l'homme", a indiqué la commission, financée par l'Etat, dans un communiqué publié à l'occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture.

L'Ouganda a adopté en juillet 2012 une loi sur la prévention et l'interdiction de la torture, dont l'une des mesures phares est de rendre policiers et soldats personnellement responsables des actes de torture et de l'éventuel dédommagement de leurs victimes.

La torture "existe toujours", a regretté Agaba Maguru, une membre de la commission, lors d'une manifestation organisée pour cette journée mondiale.

Sur 273 cas de torture enregistrés en 2013 par la commission dans le pays, 188 étaient attribués à la police.

"Presque 80% de nos clients affirment avoir été torturés par la police", a souligné Alex Kigoye, infirmier pour le Centre africain de traitement et réhabilitation des victimes de tortures (ACTV), une ONG partenaire de la commission ougandaise.

L'UHRC, dont le tribunal est chargé de juger les cas de torture et de déterminer l'éventuel dédommagement financier des victimes, s'est dit également préoccupée par les délais dans le versement des indemnisations.

Selon elle, des victimes attendent toujours d'être indemnisées, pour un montant total de plus d'un million de dollars. Certains cas remontent à plus de 12 ans.

"L'argent versé annuellement par le gouvernement au procureur général afin qu'il dédommage les victimes est insuffisant, ce qui entraîne des retards", a déploré Agaba Maguru.

Dans le dernier rapport annuel de la commission, la police figurait en haut de la liste des agences étatiques utilisant la torture.

Ce petit pays d'Afrique de l'Est a changé en avril le nom de sa police, abandonnant le mot "force" dans l'espoir d'effacer son image de brutalité et de corruption.

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