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Nouvelles allégations de laxisme de la part de la MMA

26/06/2014 10:03 EDT | Actualisé 26/06/2014 10:03 EDT
CP

La divulgation récente de détails de l'enquête policière sur la catastrophe de Lac-Mégantic fait ressortir de nouvelles allégations de laxisme de la part de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA).

Un texte de Sylvie Fournier

Le document résume les motifs soutenant la perquisition effectuée par la Sûreté du Québec dans les locaux de la MMA au lendemain du déraillement.

Selon ce document, le mécanicien de locomotive, Tom Harding, aurait non seulement affirmé n'avoir appliqué que sept freins à main sur le convoi, il les aurait aussi testés, comme l'exige le règlement d'exploitation ferroviaire du Canada. Cependant, il aurait exercé une traction dans le sens contraire de la pente.

Le train était immobilisé sur une pente descendante de 1,2 %, et est parti à la dérive vers le centre-ville de Lac-Mégantic, causant la dévastation, ainsi que la mort de 47 personnes.

Kevin Demers, un autre opérateur de train de MMA interrogé par la SQ, aurait confirmé la pratique. « Dans presque 100 % des cas, le train est mis en marche arrière, peu importe le sens de la pente », peut-on lire dans le document.

Selon un ex-mécanicien de locomotive et ex-représentant en santé et sécurité pour le Canadien Pacifique (CP), Michel Lonergan, le test d'efficacité des freins est crucial.

« La façon dont on l'enseignait au CP, dit-il, est d'exercer une traction dans le sens de la pente pour provoquer la dérive. Si le train ne veut pas suivre, ajoute-t-il, c'est parce que les freins à main font la job et ça, c'est concluant. »

L'expert estime qu'il était imprudent de confier à un seul homme la responsabilité d'immobiliser le train.

Le chemin de fer Quebec North Shore & Labrador est le seul autre qui détient ce privilège au Canada. Il a dû se plier à 54 conditions avant de pouvoir implanter la conduite à seul homme.

Dans un courriel de 2009 obtenu par Enquête, un fonctionnaire de Transports Canada s'étonne d'ailleurs du traitement réservé à la MMA. « On semble adopter une attitude plus conciliante avec MMA en dépit de sa fiche de sécurité bien moins bonne que celle de QNSL. »

Transports Canada a « manqué à son devoir »

Tom Harding aurait offert de retourner au train, lorsqu'il a été informé qu'il y avait un feu à bord.

Jean Demaitre, un des cadres de la MMA, ainsi que Richard Labrie, le contrôleur ferroviaire en devoir le soir de l'accident, auraient plutôt choisi d'envoyer un employé d'entretien de la voie parce que « c'était la seule personne disponible », selon les propos recueillis par la police.

Pourtant, rien dans le règlement n'interdisait de mettre fin au repos de Tom Harding, selon Michel Lonergan. « C'est une urgence, et je suis certain que Tom aurait voulu être là. »

Un deuxième mécanicien de locomotive était disponible cette nuit-là. Il avait lui aussi laissé son train de 98 wagons sans surveillance, sur une pente, avec seulement 5 freins à main, à l'autre extrémité de Lac-Mégantic. C'est la Sûreté du Québec qui s'en est rendu compte.

Ce qui fait dire à Michel Lonergan que Transports Canada a manqué à son devoir de vigilance.

Les allégations contenues dans le document de la Sûreté du Québec n'ont pas encore été prouvées à la cour.

Documents de la Sûreté du Québec par Radio-Canada

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