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Mondial-2014 - Uruguay : Suarez "adorable" mais "très chaud"

26/06/2014 11:39 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Luis Suarez est "adorable" mais "très chaud", racontent ses proches alors que l'attaquant vedette de l'équipe nationale de football uruguayenne vient d'écoper de neuf matches de suspension pour avoir - pour la troisième fois - mordu un adversaire sur le terrain.

Quatrième d'une fratrie de sept, le petit Suarez a toujours été "très chaud", a affirmé à l'AFP sa grand-mère maternelle, Lila Piriz, depuis sa ville natale de Salto (nord-ouest).

Suarez lui-même estime que c'est ce caractère qui l'a conduit à être "le joueur (qu'il est) aujourd'hui", soit l'un des meilleurs attaquants du monde.

Mais ce tempérament explosif lui coûte cher : la star de la "Celeste" et de Liverpool, avec qui il a été sacré cette année meilleur buteur du championnat anglais, est aujourd'hui exclue du Mondial brésilien en raison d'un (nouveau) mauvais geste.

Jeudi, la Fifa l'a en effet suspendu de neuf matches et quatre mois d'activités liées au football pour avoir mordu l'Italien Giorgio Chiellini.

"Je ne sais pas ce qui arrive à +mon petit noir+", se lamentait mercredi sa grand-mère.

"Je ne sais pas pourquoi il a ces explosions, il n'a jamais su se contrôler, alors qu'il a tout pour être heureux. Peut-être le divorce de ses parents, les privations qu'il a subies", tente-t-elle d'expliquer.

Cette femme, qui mène toujours une humble existence malgré la célébrité de son petit-fils, admet que la vedette de Liverpool a hérité du caractère difficile de son père, militaire et ancien joueur de football local.

"Nous n'avions jamais imaginé que Luisito serait le plus célèbre de tous avec ce caractère", raconte-t-elle.

- Il a de qui tenir -

Roberto Mezza, ami du père de Suarez et qui a joué pour le Deportivo Artigas de Salto, confirme que le fils a de qui tenir, "connaissant le père".

Richard Suarez, sans lien de parenté avec Luis et témoin de ses premiers dribbles au club de football pour enfants de Salto, prend en revanche résolument sa défense : "Il n'a jamais été agressif", clame-t-il.

"Beaucoup l'ont catalogué comme un sale type, mais il n'est pas comme ça, il est adorable", insiste-t-il.

Le travail était rare à Salto et quand sa mère a trouvé un emploi de femme de ménage à Montevideo, la famille a déménagé. Luis avait sept ans et l'adaptation fut difficile, raconte la journaliste Ana Laura Lissardy dans son ouvrage d'entretiens avec des joueurs de la "Celeste", "Vamos que vamos".

Deux ans après la séparation de ses parents, "la terre s'effondrait à nouveau sous ses pieds", poursuit la journaliste. Vint ensuite une période d'adolescence rebelle, peu propice aux études et au football.

Pour Pablo Martinez, psychologue à l'université de la République, spécialisée en psychologie sportive, "la morsure est caractéristique de ces personnes ayant vécu une enfance agressive, avec beaucoup de carences".

A l'instar de nombreux joueurs latino-américains, Suarez a en effet connu la pauvreté avant de devenir une des superstars mondiales millionnaires.

"Il a déjà été suivi par un psychologue pour gérer sa colère et je pensais qu'il la contrôlait", ajoute M. Martinez.

La vie du jeune homme turbulent a basculé lorsqu'il a rencontré, à 14 ans, Sofia Balbi, avec laquelle il est toujours en couple à ce jour et qui l'a incité à parier sur le football professionnel.

Elle est devenue "un pilier dans ma vie et dans ma tête", avait-il confié en 2013 à la chaîne ESPN Brésil.

Quand Sofia a déménagé avec ses parents à Barcelone, il a tout simplement conclu que le meilleur moyen de la rejoindre était de devenir footballeur professionnel et de se faire acheter par un club européen.

Sur son caractère, il expliquait lui-même en mars à l'AFP qu'il l'avait servi pour vaincre.

"Tu peux perdre autre chose, mais la gnaque que tu as depuis tout petit, pour avoir joué dans les rues et tout ça, tu ne la perdras jamais", disait-il alors.

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