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Mondial-2014 - La Suisse touche-t-elle déjà le plafond?

26/06/2014 10:38 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

"Chaque joueur a été à sa limite", a déclaré, de façon bien inquiétante avant d'affronter l'Argentine en 8e de finale du Mondial-2014, le sélectionneur de la Suisse Ottmar Hitzfeld après une qualification en trompe-l'oeil contre le Honduras (3-0).

Le triplé de Shaqiri masque en effet une défense très empruntée et le discours ambiant sent déjà bon la résignation.

. Un discours sans flamme

La tonalité générale de l'équipe après la qualification était assez mesurée et on ne sent pas chez les Suisses l'envie de renverser les montagnes, l'envie de sauter à la gorge des Argentins.

Oui, l'Albiceleste est favorite et oui, son futur adversaire a laissé apparaître une certaine résignation, en apparence incompatible avec la genèse d'un exploit.

"Se qualifier ne sera pas facile mais contre l'Argentine on n'a rien à perdre", a ainsi mollement déclaré le sélectionneur Ottmar Hitzfeld qui a aussi avoué que "chaque joueur avait été à sa limite".

"On est ravi, il ne pouvait rien y avoir de mieux que d'affronter l'Argentine", a poursuivi le défenseur Ricardo Rodriguez, aussi content qu'un Petit Poucet en Coupe qui se réjouit de finir son parcours en beauté contre l'épouvantail que tout le monde veut éviter.

"On est fier de cette qualification et on veut essayer de leur compliquer le plus possible la vie", a continué le gardien Diego Benaglio.

On a vu des cris de guerre plus rageurs.

. Des limites en défense

Cette attitude passive s'explique peut-être aussi par une forme de lucidité.

Menée devant l'Equateur, rossée par la France (5-2), la Nati a miraculeusement évité d'encaisser contre le Honduras un but qui aurait déjà été le septième en trois matches.

En une rencontre contre les Bleus, les Suisses ont même craqué autant de fois que lors de leurs neuf matches précédents à ce niveau.

En 2006, ils avaient même été éliminés en 8e (aux tirs au but) sans avoir encaissé le moindre but en quatre rencontres.

Le modeste Honduras aurait ainsi dû obtenir un penalty et sans la maladresse d'attaquants infiniment moins prestigieux que ceux de l'Argentine, il serait aisément parvenu à sauver l'honneur.

Victime de la blessure de Von Bergen, la Suisse a relancé Schaar aux côtés de Djourou et le duo axial ne s'est pas montré convaincant, abandonnant beaucoup d'occasions en route.

Avant d'affronter Messi, il y a de quoi être inquiet.

. Shaqiri, unique lueur d'espoir

Heureusement la Suisse a dans ses rangs l'ailier du Bayern, surnommé le "Messi des Alpes".

Après deux matches ternes, le petit pitbull est sorti de sa niche avec trois buts plein d'à propos, dont une splendide frappe enroulée pour ouvrir le score.

Il a aussi montré une belle complicité avec l'attaquant Drmic.

De quoi éteindre les critiques, au moins pour quelques jours.

"Il y avait une certaine tension", a reconnu le joueur de 22 ans, désormais auteur de 12 buts en 36 sélections.

"Je n'avais pas vu jusque-là ses matches aussi négativement que certains experts, l'a défendu son sélectionneur. Même contre la France, dans sa position, il avait pu amorcer des contre-attaques. Il a confirmé tout son potentiel alors qu'il évolue dans une position axiale qui est un peu nouvelle pour lui et qui lui demande de plus courir au milieu".

Si Shaqiri garde ce rythme, son équipe peut donc espérer contrarier un adversaire qui contre le Nigeria a aussi montré des failles derrière.

Mais s'il replonge, les chances de la Nati ne pèseront vraiment pas lourd.

cd/jta

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