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Liban: le kamikaze était un Saoudien recherché (sécurité)

26/06/2014 07:25 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Le kamikaze qui a péri en se faisant exploser dans un hôtel de Beyrouth mercredi était un Saoudien recherché par les autorités de Ryad, a indiqué à l'AFP jeudi une source proche des services de sécurité saoudiens.

"Son nom est Abdel Rahman Nasser Al-Chenifi et il était âgé de 20 ans. Il était recherché par le ministère de l'Intérieur mais ne figurait pas sur la liste" des militants d'Al-Qaïda recherchés, a précisé cette source à l'AFP.

Dix personnes ont été blessées lorsque deux kamikazes se sont fait exploser en même temps mercredi dans un hôtel de Beyrouth au moment où des agents de la Sûreté générale effectuaient une perquisition.

L'un est mort, l'autre, atteint de brulures, est actuellement interrogé.

Le ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk avait annoncé que le kamikaze blessé était saoudien. Selon la source proche des services de sécurité saoudiens, il s'agit de Ali Ibrahim Al Thuwainy, également âgé de 20 ans.

Des centaines, voire des milliers, de jeunes Saoudiens sont soupçonnés par les autorités d'avoir rejoint la rébellion en Syrie, voisine du Liban, et notamment les rangs des organisations extrémistes sunnites.

Condamnant cet "acte terroriste", l'ambassade d'Arabie saoudite à Beyrouth a affirmé que le royaume "ne ménageait aucun effort pour combattre ce fléau étranger à notre société arabe et valeurs islamiques".

L'ambassadeur saoudien, Ali Awad Osseiri, a affirmé à la chaîne locale LBCI que son pays était prêt coopérer avec les autorités libanaises sur cette explosion, ajoutant que le royaume participait à l'identification du kamikaze et de son acolyte.

Même s'il appuie le soulèvement contre le régime du président syrien, le royaume saoudien craint le retour au pays des ces jihadistes extrémistes, qui pourraient mener des attaques dans le pays, comme l'avaient fait des vétérans d'Afghanistan.

En février, Ryad a annoncé que tout Saoudien participant à des combats à l'étranger et faisant partie de "groupes terroristes" serait passible de peines allant de trois à 20 ans de prison.

Un groupuscule qui se fait nommer "La brigade des Sunnites libres de Baalbeck", apparu sur Twitter fin 2013, a revendiqué l'explosion de l'hôtel mercredi. Mais selon Romain Caillet, un expert des mouvements jihadistes, il s'agit d'un compte Twitter fictif et non pas d'un groupe islamiste organisé.

Mercredi soir et jeudi, les forces de sécurité libanaises ont mené de nouvelles perquisitions notamment dans des hôtels de Beyrouth, provoquant le départ de touristes, a constaté un journalistes de l'AFP.

"Il ne s'agit pas une démonstration de force mais de mesures pour rassurer les gens sur le fait que les forces de sécurité font leur devoir", a affirmé jeudi une source de sécurité à l'AFP. "Les perquisitions sont soit préventives, soit fondées sur des informations précises. C'est pour cela que vous verrez de plus en plus de mesures (de ce genre) dans les prochains jours".

Après une accalmie de trois mois, le Liban, secoué par une série d'attentats et d'explosions depuis l'été 2013, espérait renouer cet été avec les beaux jours du tourisme. Mais l'explosion de mercredi, la troisième du genre en une semaine, fait craindre un impact négatif sur la saison estivale.

Divisé entre partisans et détracteurs du régime syrien, le Liban est extrêmement perméable aux conflits régionaux, au premier rang desquels la Syrie.

L'impact de ce conflit est énorme: le pays accueille plus d'un million de réfugiés, et de nombreuses attaques ont eu lieu sur son territoire, en particulier dans les zones dominées par le Hezbollah, qui combat les rebelles aux côtés du régime de Bachar al-Assad.

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