NOUVELLES

Le Parlement irakien entamera les démarches pour former un nouveau gouvernement

26/06/2014 07:29 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Le vice-président irakien a ordonné, jeudi, aux membres du Parlement de se réunir la semaine prochaine, ouvrant ainsi la voie à la formation d'un nouveau gouvernement pour faire front commun contre les militants sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL).

De passage en Irak, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a exhorté les leaders irakiens à mettre leurs différends de côté pour le bien de leur nation. Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a pour sa part rencontré à Paris les principaux pays sunnites alliés des États-Unis afin de trouver une solution à la crise.

Le parti politique chiite du premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a remporté le plus grand nombre de sièges lors des élections du 30 avril, soit 92 sur 328, mais a besoin du soutien des autres formations pour obtenir la majorité qui lui donnera le droit de gouverner.

Mais de plus en plus d'observateurs, tant en Irak qu'à l'étranger, réclament maintenant la démission de M. al-Maliki, estimant que son incapacité à promouvoir la réconciliation entre les différents groupes qui composent la population irakienne a alimenté l'insurrection sunnite.

Le puissant chef religieux chiite Muqtada al-Sadr a prononcé un discours à la télévision mercredi soir dans lequel il a lancé un appel à un gouvernement d'unité nationale formé de «nouveaux visages» représentant tous les Irakiens.

M. al-Sadr, dont les partisans se sont férocement battus contre les forces américaines et les militants sunnites au plus fort de la guerre il y a 10 ans, a aussi promis de combattre l'ÉIIL, dont l'offensive menace Bagdad et des lieux saints chiites situés dans des villes du sud de l'Irak.

Certains politiciens irakiens sont d'accord pour créer un gouvernement intérimaire qui pourrait diriger l'opération contre les militants sunnites en attendant de trouver une solution permanente. Nouri al-Maliki a toutefois insisté pour que le processus constitutionnel soit respecté.

Dans un communiqué publié jeudi, le vice-président, Khudeir al-Khuzaie, a donné l'ordre au nouveau Parlement de tenir sa première séance mardi. Elle sera présidée par le député le plus âgé.

Sur le plan constitutionnel, la prochaine étape serait d'élire un président et deux vice-présidents du Parlement puis, dans les 30 jours suivants, de choisir un nouveau président pour le pays qui aura 15 jours pour demander au plus important bloc de désigner un premier ministre et de former le nouveau gouvernement. Ce premier ministre aura ensuite 30 jours pour présenter son conseil des ministres.

Le secrétaire britannique à la Défense, William Hague, qui était à Bagdad pour rencontrer M. al-Maliki, a déclaré lors d'une conférence de presse que la priorité était de mettre en place un gouvernement inclusif qui puisse rallier tous les Irakiens afin de stopper les terroristes.

Le voyage de M. Hague fait suite à celui de M. Kerry, qui plus tôt cette semaine avait livré un message similaire et prévenu que Washington était prêt à intervenir militairement, et ce, même si Bagdad repoussait ses réformes politiques.

Ces efforts diplomatiques illustrent l'inquiétude grandissante de la communauté internationale envers l'avancée des combattants de l'ÉIIL, qui ont conquis des vastes pans du territoire irakien et souhaitent créer une enclave islamiste des deux côtés de la frontière Irak-Syrie.

PLUS:pc