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La Grande-Bretagne et l'UE : une histoire tourmentée

26/06/2014 10:15 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

La bataille acharnée du Premier ministre britannique David Cameron contre la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne est la dernière illustration des relations tourmentées entre la Grande-Bretagne et l'UE.

- 1957: le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne (CEE) est signé par six pays européens, sans les Britanniques. Londres demande son adhésion en 1961, mais par deux fois, en 1963 et 1967, le président français, Charles De Gaulle, y opposera son véto. "Si la Grande-Bretagne entrait dans la Communauté, avec une foule d'autres États, la cohésion de tous ses membres n'y résisterait pas et en définitive il apparaîtrait une communauté atlantique colossale, sous dépendance et direction américaine, et qui aurait tôt fait d'absorber la Communauté européenne", se justifie De Gaulle. La Grande-Bretagne rejoindra finalement la CEE en 1973, quatre ans après le départ du général.

- De 1979 à 1990: Margaret Thatcher va entretenir des relations d'amour et de haine à l'égard de l'Europe. En novembre 1979, alors que s'achève à Dublin un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des neuf pays de la Communauté européenne, le Premier ministre britannique bouscule le climat feutré des grand-messes communautaires et lance une des formules chocs dont elle a le secret pour dénoncer le fait que Londres verse plus d'argent qu'elle n'en reçoit du budget européen: "Je veux qu'on me rende mon argent" ("I want my money back").

La "Dame de fer" obtiendra gain de cause en 1984 à l'occasion du sommet de Fontainebleau. De guerre lasse, les partenaires de la Grande-Bretagne lui accordent un rabais substantiel sur sa contribution (un remboursement des deux tiers de son déficit avec l'Union européenne). Le rabais perdure depuis lors.

- Invitée au Collège d'Europe de Bruges en septembre 1988, Mme Thatcher prononce un discours considéré comme fondateur de l'euroscepticisme. "Si nous avons réussi à faire reculer chez nous les frontières de l'Etat, ce n'est pas pour les voir réimposées au niveau européen, avec un super-Etat européen exerçant à partir de Bruxelles une domination nouvelle", lance-t-elle.

- 1992: le traité de Maastricht, donne naissance à l'Union européenne, mais la Grande-Bretagne parvient à obtenir une clause d'exemption ("opt-out") concernant la "charte sociale" et le passage à l'euro.

- 1994: le Premier ministre conservateur John Major oppose son véto à la candidature du Belge Jean-Luc Dehaene à la tête de la Commission européenne. M. Dehaene est jugé trop "fédéraliste" par les Britanniques. Le même scénario se répètera dix ans plus tard, en 2004, avec le véto du travailliste Tony Blair contre un autre Belge, le libéral Guy Verhofstadt.

- 2011: soucieux de protéger le secteur financier britannique, David Cameron dit "non" au nouveau traité européen visant à renforcer les règles budgétaires s'appliquant aux Etats membres.

- 2013: pour tenter de désamorcer la surenchère eurosceptique qui déchire son parti, le même David Cameron annonce un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE d'ici 2017 s'il est réélu en 2015.

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