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La Birmanie va octroyer des licences à des banques étrangères d'ici septembre

26/06/2014 09:43 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

La Birmanie va octroyer d'ici septembre des licences d'exploitation à des banques étrangères qui feront toutefois l'objet de restrictions pour protéger un secteur bancaire en expansion mais fragile, selon la Banque centrale.

Consciente que son développement économique passera nécessairement par la transformation complète de son secteur bancaire, la Birmanie planche depuis des mois sur sa réforme. La première étape a été l'entrée en vigueur en 2013 d'une nouvelle loi qui octroie plus d'indépendance à la Banque centrale.

Alors que les banques locales s'inquiètent de la concurence des banques étrangères, le vice-gouverneur de la Banque centrale Set Aung a insisté sur le fait que les autorités s'étaient attachées à garder à l'esprit "l'intérêt des banquiers locaux et des hommes d'affaires locaux".

Ainsi, les licences d'exploitation seront accompagnées de restrictions, a-t-il expliqué mercredi devant le Parlement à Naypyidaw.

Les banques étrangères sélectionnées ne pourront ouvrir qu'une seule agence dans le pays et ne seront pas autorisées à opérer de services aux particuliers, a précisé Set Aung. Elles se verront également imposé un minimum de 75 millions de dollars de capital.

Le comité de sélection, incluant des responsables de la Banque centrale et conseillé notamment par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, "choisira d'ici septembre cette année", a-t-il assuré.

Actuellement, les banques étrangères ne sont autorisées qu'à ouvrir un bureau de représentation sans pouvoir mener d'opérations. Selon le site internet de la Banque centrale, 35 d'entre elles disposent d'un tel bureau en Birmanie, soit environ trois fois plus qu'avant la dissolution de la junte en 2011.

Le pays compte quatre banques d'Etat et une vingtaine de banques privées, autorisées seulement depuis 1990. Mais le secteur est faible, notamment en raison de l'héritage des politiques d'inspiration socialiste de la junte arrivée au pouvoir en 1962, qui avait nationalisé le secteur.

En 2003, une crise bancaire avait d'autre part provoqué la faillite des officines de prêts informelles et la ruée des épargnants sur les banques. La pénurie de kyat avait paralysé une économie dominée par les espèces.

Dix ans plus tard, le traumatisme perdure et la plupart des Birmans, qui ne font pas confiance au système bancaire, n'ont pas de compte en banque.

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