NOUVELLES

Défilés de mode: Vuitton au Rajasthan, Miyake sur une île du Pacifique

26/06/2014 12:17 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Comment se renouveler chaque saison? Où trouver son inspiration? Les stylistes parlent souvent de leurs voyages dans leur collection, comme chez Louis Vuitton et Issey Miyake, jeudi, au deuxième jour des défilés de mode homme à Paris pour le printemps et l'été 2015.

- Allure seventies avec Vuitton -

L'homme Vuitton est un grand voyageur: après le Bhoutan et l'Amérique profonde, lors de précédentes collections, on le retrouve au Rajasthan. Le styliste britannique Kim Jones explique avoir trouvé son inspiration dans "cette terre des rois" du nord-ouest de l'Inde.

Taille haute, bien ceinturée, chemisette, lunettes de soleil ronde: l'allure fait seventies. Mais l'homme Vuitton n'a rien de baba cool; il reste sophistiqué.

Il apprécie les chevrons, ces zigzags qui s'invitent sur les chemisettes, reprenant le motif classique "Karakoram" de Vuitton. Des petits miroirs sont brodés, rappelant le travail artisanal indien, notamment sur une combinaison.

En 2015, l'homme Vuitton préfère le camel, le kaki et le bleu, mais n'hésite pas à se couvrir d'un bomber orange en satin ou d'un blouson rose. Il ose même mixer les couleurs: des bandes grises formant le "V" de Vuitton coupent une chemisette orange au col rose.

Le défilé est aussi l'occasion de montrer des accessoires, dont bien sûr des sacs, avec ou sans le monogramme. Les mannequins portent également des étuis à instruments et même, pour les aventuriers chics, des tapis de sol!

Le créateur Nicolas Ghesquière, qui a présenté en mars sa première collection pour la femme Vuitton, était au premier rang.

- L'été et la mer avec Miyake -

Le podium, faits de planches comme un ponton, donne le ton. Le designer d'Issey Miyake, Yusuke Takahashi, a imaginé sa collection lors de vacances dans des îles du Pacifique, l'archipel de Palaos. Mercredi, on avait surtout vu des collections sombres et chaudes. Chez Miyake, c'est bien le printemps et l'été! Et de beaux garçons souriants remplacent les mannequins maigrichons coutumiers des podiums.

La marque japonaise propose, en un vestiaire complet (du costume au chapeau de paille) une mode ample, confortable, joyeuse. Des ananas, des fruits du dragon, des bananes donnent un côté pop art à des vêtements en fibre naturelle, comme de l'abaca. L'ensemble est à la fois décontracté et élégant.

Des créatures étranges apparaissent sur certains vêtements: le designer a repris des photos du livre "Abysses" de Claire Nouvian, fondatrice de l'association Bloom, qui milite pour la préservation des fonds sous-marins. Méduses, calamars et autres créatures évoluant dans les grandes profondeurs s'invitent sur les vêtements.

"C'est un beau cadeau" de la part d'Issey Miyake, a dit à l'AFP Claire Nouvian. "En alliant le talent d'un designer japonais et un message environnemental, on espère sensibiliser le monde de la mode. (...) Les grandes profondeurs sont un milieu très beau, mais aussi fragile et dévasté par le chalutage profond", déplore-t-elle.

- Les hommes peints de Rick Owens -

Rick Owens nous avait habitué à son anticonformisme en faisant défiler ses propres employés, ses amis, des femmes fortes dansant le haka. Le Californien de 51 ans n'a pas failli à sa réputation.

Les crânes sont souvent rasés, mais les cheveux longs deviennent accessoires, noués en foulard autour du cou. L'homme selon Owens a un corps d'adolescent. Les silhouettes sont maigres et les visages diaphanes quand ils ne sont pas peints en blanc.

Les tuniques sans manches, tombant à mi-cuisse, et les manteaux longs sont portés sur des pantalons (parfois à une seule jambe avec l'autre nue) ou des bermudas-jupes avec un soupçon de militarisme ... et même d'ecclésiastique. L'ensemble est épuré, minimaliste, avec peu de couleurs, même si le créateur, adepte du noir, ose une silhouette rose pâle.

ctx-fio/pjl/alc/gg

PLUS:hp