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Canada: le transport du pétrole par rail en accusation depuis Lac-Mégantic

26/06/2014 12:46 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

L'explosion d'un convoi de wagons-citernes au coeur de la bourgade québécoise de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, a conduit au resserrement des règles face à la croissance exponentielle du transport de pétrole par rail en Amérique du Nord.

Sans conducteur, un convoi ferroviaire de 5 locomotives et 72 wagons lancé à plus de 100 km/h a déraillé à 01H15 (05H15 GMT) dans la courbe qui traverse le coeur de la ville, aux confins du Québec et à quelques kilomètres de la frontière avec les Etats-Unis.

Le brasier visible à des kilomètres à la ronde sera circonscrit près de 48 heures après la catastrophe, qui a fait 47 morts.

Les regards se sont immédiatement portés sur l'entreprise américaine propriétaire des rails et du train, la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) et sur le conducteur du train, absent lors du drame et accusé de ne pas avoir actionné les freins sur plusieurs essieux du convoi.

Décrite comme une entreprise "low cost", la MMA s'est rapidement déclarée en faillite après l'accident, incapable d'assurer la lourde facture du nettoyage du site et des indemnités aux victimes. Les autorités québécoises et canadiennes ont mis la main à la poche, et le gouvernement fédéral a annoncé une hausse des tarifs d'assurance pour ce secteur.

Avec le boom de la production de pétrole non conventionnel en Amérique du Nord, le nombre de wagons transportant des hydrocarbures au Canada est passé de 500 en 2009 à 160.000 en 2013, tandis qu'aux États-Unis il est passé de 10.800 à 400.000 pendant la même période.

Il apparaît après l'accident que le pétrole brut léger de schiste transporté --100 tonnes dans chacun des wagons-- était plus inflammable qu'officiellement indiqué. Le gouvernement canadien a décidé en conséquence de classer dorénavant l'or noir comme une matière hautement dangereuse.

En outre, la vétusté des wagons DOT 111 qui transportaient les hydrocarbures a été vivement dénoncée. Des rapports du ministère américain des Transports recommandaient leur remplacement deux décennies avant l'accident.

Le Canada a finalement décidé il y a quelques mois de remplacer d'ici trois ans 65.000 wagons-citernes DOT 111 et de supprimer immédiatement les wagons "les moins résistants", soit environ 5.000 autres.

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