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Affaire Tomi: un haut gradé de la gendarmerie française poursuivi pour corruption

26/06/2014 06:40 EDT | Actualisé 26/08/2014 05:12 EDT

Un ex-patron des forces spéciales de la gendarmerie française, Frédéric Gallois, a été mis en examen à Paris pour corruption d'agent public étranger dans l'enquête visant l'homme d'affaires Michel Tomi, figure du jeu en Afrique, indique jeudi une source judiciaire.

L'ancien chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), désormais dirigeant d'une société de sécurité, Gallice Security, a été mis en examen pour corruption d'agent public étranger, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance, a précisé cette source à l'AFP.

Il fait partie des personnes mises en examen la semaine passée dans cette affaire, dont Michel Tomi lui-même.

Frédéric Gallois est poursuivi pour un contrat de sécurité entre Gallice Security et l'Etat malien, a précisé la source judiciaire, ainsi que des contrats et des factures concernant le PMU camerounais et une autre société située à Douala, la capitale économique du Cameroun.

Les enquêteurs s'intéressent notamment aux liens entre Michel Tomi et le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

L'enquête a débuté après un signalement de la cellule antiblanchiment du ministère français des Finances, Tracfin, et a conduit les enquêteurs à disséquer le train de vie de Michel Tomi et de son entourage.

La semaine passée, l'homme d'affaires a été mis en examen pour corruption d'agent public étranger, faux et usage de faux, abus de confiance, recel d'abus de bien social, complicité d'obtention indue d'un document administratif et travail dissimulé.

Lors des perquisitions chez lui, 1,048 million d'euros en liquide ont été saisis, selon une source proche de l'enquête. S'il a été laissé libre, une caution de deux millions d'euros a été imposée à Michel Tomi dans le cadre de son contrôle judiciaire. Les enquêteurs sont convaincus qu'il perçoit "plusieurs centaines de milliers d'euros par mois", selon une source judiciaire.

Parmi les autres mis en examen figurent la première épouse de Michel Tomi, une autre femme de son entourage proche, son "homme à tout faire" et, outre Frédéric Gallois, deux autres dirigeants d'entreprises de fourniture de matériel militaire, des uniformes pour l'un, et de fabrication de vedettes militaires pour l'autre.

Tous trois ont passé des contrats en Afrique, notamment au Cameroun et au Mali. Les enquêteurs sont convaincus qu'ils les ont obtenus par l'entremise de Michel Tomi, indique la source judiciaire.

Michel Tomi "est franco-gabonais, il ne réalise pas un centime de chiffre d'affaires en France", a réagi son avocat, Jean-Dominique Lovichi, après la mise en examen de son client. "Il est très difficile de concevoir une fraude fiscale pour quelqu'un qui paie l'intégralité de ses impôts au Gabon".

Interrogé sur les liens entre Michel Tomi et le président malien, M. Lovichi a réfuté toute corruption pour l'obtention de contrats: "On a le droit d'être ami avec un chef d'Etat étranger."

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