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Ukraine: de nouvelles sanctions contre la Russie pourraient être retardées

25/06/2014 07:52 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

WASHINGTON - Des sanctions visant des secteurs clés de l'économie russe, découlant des actions menaçantes de la Russie en Ukraine, pourraient être retardées en raison de signaux positifs envoyés par le président russe Vladimir Poutine, ont indiqué des responsables de l'administration Obama, mercredi.

Les États-Unis et leurs alliés européens mettaient la touche finale à une nouvelle série de sanctions, avec l'objectif de les faire entrer en vigueur aussi tôt que cette semaine, ont mentionné les responsables et d'autres personnes au fait du dossier. Pénaliser de vastes pans de l'économie russe, dont son lucratif secteur énergétique, viendrait renforcer les sanctions déjà imposées à Moscou par les pays occidentaux.

Les États-Unis et l'Union européenne ont déjà sanctionné des individus et des entités russes, y compris des proches de M. Poutine, mais ont jusqu'à maintenant évité d'imposer des sanctions plus vastes, en partie à cause des inquiétudes pour les pays européens ayant d'étroits liens économiques avec la Russie.

Mais alors que la crise ukrainienne s'étire en longueur, un important responsable américain a souligné que les États-Unis et l'Europe allaient de l'avant avec des «possibilités de sanctions communes» qui affecteraient plusieurs secteurs de l'économie russe. Un diplomate occidental a mentionné que l'on trouvait, parmi les cibles potentielles, l'industrie énergétique russe, ainsi que l'accès de Moscou aux marchés financiers internationaux.

Tentant de faire le plein d'appuis en Europe pour ces nouvelles sanctions, le président américain Barack Obama a téléphoné mercredi au premier ministre italien Matteo Renzi, 24 heures après avoir discuté de la situation avec le premier ministre britannique David Cameron.

Mercredi, toujours, le secrétaire d'État américain John Kerry a confié à des journalistes que M. Poutine devait faire ses preuves «par des gestes, et non pas simplement des mots». Et si le leader russe n'agissait pas, M. Kerry a ajouté que Washington et Bruxelles étaient prêts à infliger «de plus grands coûts, y compris des sanctions économiques plus sévères». Mais aucune sanction ne sera annoncée mercredi, a-t-il précisé.

D'ailleurs, l'enthousiasme pour les nouvelles sanctions, surtout chez les leaders européens, semble avoir fondu comme neige au soleil au cours des derniers jours, alors que les pays évaluent si M. Poutine envisage d'aller de l'avant avec une série de promesses pouvant alléger la crise, ont dit des responsables.

La menace de sanctions plus sévères pourrait pousser l'homme fort du Kremlin à tenter d'éviter des conséquences pouvant avoir un impact dévastateur sur une économie russe déjà fragilisée. Cependant, il n'y a aucune garantie que la Russie respectera la demande des pays occidentaux de retirer ses troupes massées à la frontière, de cesser d'armer les séparatistes et de négocier sérieusement avec Kiev.

Même si les États-Unis et l'Union européenne décident de ne pas imposer des sanctions sectorielles cette semaine, ils pourraient détailler leurs intentions d'aller éventuellement en ce sens. En Europe, les 28 pays formant l'UE pourraient au moins s'entendre sur les détails d'un ensemble de sanctions pour que celles-ci puissent être imposées rapidement, selon un diplomate occidental.

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