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Sécurité ferroviaire: le BST demande à Washington de faire preuve de «courage»

25/06/2014 03:55 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Washington devrait avoir le même «courage politique» qu'Ottawa en ordonnant le retrait immédiat des vieux modèles de wagons-citernes DOT-111, a plaidé la présidente du Bureau de la sécurité des transports (BST) lors d'un événement à Houston, au Texas.

Selon Wendy Tadros, la tragédie ferroviaire survenue à Lac-Mégantic le 6 juillet dernier a prouvé que ce type de wagon n'était pas adapté au transport de matières dangereuses — surtout celles qui posent des risques importants, comme le pétrole en provenance de la formation schisteuse de Bakken qui se trouvait dans le funeste convoi.

L'enquête menée par le BST a permis de conclure que ce type d'hydrocarbure était beaucoup plus volatil qu'on ne le croyait, a-t-elle rappelé mardi dans le cadre de l'événement «Crude by Rail Safety Initiative 2014», où convergeaient jusqu'à mercredi les principaux joueurs de l'industrie ferroviaire nord-américaine.

«Les États-Unis demandent actuellement un retrait volontaire de ces wagons. Cela est insuffisant, surtout à la lumière de preuves aussi manifestes. Et nous savons qu'elles sont solides, parce que nous avons analysé chacun des wagons-citernes à Lac-Mégantic. Si nous pouvons les retirer du service en trois ans au Canada, cela devrait être possible ici également», a plaidé Mme Tadros.

La situation est d'autant plus criante qu'au sud de la frontière, les deux tiers de la production de la formation de Bakken, dans le Dakota du Nord, est transportée par rail, a poursuivi Mme Tadros en s'appuyant sur des informations parues dans le New York Times.

La semaine dernière, le BST a applaudi la décision de la ministre des Transports, Lisa Raitt, qui a ordonné de retirer sur-le-champ les 5000 vieux modèles de wagons-citernes DOT-111 toujours en circulation et exigé que tous ceux construits avant la nouvelle norme de janvier 2014 soient retirés ou modernisés d'ici trois ans.

«Je reconnais qu'il faudra du courage politique pour donner son appui à la science. (...) Ce courage politique, toutefois, doit exister des deux côtés de la frontière», a déclaré Wendy Tadros, présentant le Canada comme un «chef de file» à cet égard.

La Federal Railroad Administration — une agence du ministère américain des Transports — n'a pas fourni de signes à l'effet qu'elle s'apprêterait à emboîter le pas aux autorités canadiennes.

«Le ministère des Transports travaille de façon énergique pour améliorer le transport sécuritaire de pétrole brut par train et a notamment publié un avis de sécurité pour exhorter les compagnies à éviter d'utiliser les wagons-citernes DOT-111», peut-on lire dans un courriel envoyé mercredi à La Presse Canadienne.

«Nous applaudissons les efforts du Canada, qui s'inscrivent dans la lignée du travail que nous avons déjà accompli ici aux États-Unis. Nos pays ont peut-être des procédures différentes, mais nous poursuivons le même objectif: celui d'assurer la sécurité des biens et des personnes sur les rails», a poursuivi le ministère dans le même message.

Invité à commenter la sortie de Wendy Tadros, le ministère est demeuré muet.

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