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L'UE va au vote pour imposer Jean-Claude Juncker, David Cameron reste seul

25/06/2014 10:39 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Les dirigeants européens sont désormais décidés à imposer la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission et le Britannique David Cameron, lâché par ses alliés, se retrouve seul dans son refus de respecter le résultat des élections européennes.

M. Cameron avait menacé mardi de demander un vote si ses partenaires "cherchent à procéder à la nomination de Jean-Claude Juncker". La chancelière Angela Merkel l'a pris au mot mercredi. "Nous avons besoin d'une majorité qualifiée", a-t-elle expliqué devant les députés allemands du Bundestag.

"C'est exactement ce qui est prévu dans les traités. Ce ne serait donc pas un drame si on avait seulement une majorité qualifiée", a-t-elle insisté.

La décision est rude et sans appel. Le vote aura lieu, car les partenaires du Royaume-Uni n'entendent pas modifier les règles pour satisfaire David Cameron ni retarder le calendrier afin d'éviter un conflit avec le Parlement européen.

Le Premier ministre britannique sera battu vendredi. Pour bloquer la majorité qualifiée, il doit réunir 92 voix. Or ses alliés l'ont lâché les uns après les autres.

Le Suédois Fredrik Reinfeldt a annoncé mercredi être désormais favorable à la nomination de M. Juncker, après avoir organisé il y a deux semaines une réunion anti-Juncker à Harpsund. Autre conjuré, le Premier ministre néerlandais, le libéral Mark Rutte, s'est rallié peu après.

Seul leur homologue hongrois Viktor Orban se déclare encore farouchement opposé à la nomination de l'ancien Premier ministre luxembourgeois.

Les procédures seront donc respectées. Et après sa désignation vendredi par les dirigeants européens, la candidature de Jean-Claude Juncker sera soumise au vote lors de la seconde session du Parlement européen, du 14 au 17 juillet. Il devra réunir au moins 376 voix pour être élu.

- Les conjurés de Harpsund -

Le sommet européen se déroulera en deux temps et en deux lieux. Les chefs d'Etat et de gouvernement se rendront jeudi à Ypres, cité belge martyre et ville symbole, pour rendre hommage aux morts de la Grande Guerre. Ils se retrouveront pour un dîner de travail avant de regagner Bruxelles pour la seconde journée de leurs travaux.

"Ce sommet sera riche en émotion, en événements, en substance et en conséquences", a commenté mercredi un responsable européen.

La présidence de la Commission européenne ne sera officiellement discutée que vendredi. Et il n'est plus question de la lier aux autres postes à pourvoir, a annoncé ce responsable. Les nominations pour la présidence du Conseil, le responsable du service diplomatique et la présidence de l'Eurogroupe "seront discutées ultérieurement", a-t-il expliqué.

Un sommet extraordinaire pourrait être organisé à cette fin à la mi-juillet, a indiqué une autre source européenne. La date du 16 juillet, pendant la session du Parlement européen, est de plus en plus évoquée, mais n'a pas encore été confirmée.

Le dîner de jeudi à Ypres sera consacré au programme de travail pour la Commission européenne. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a reçu plusieurs contributions, notamment de la France et de l'Italie, dont il assure avoir tenu compte dans son projet remis mardi aux capitales.

Les discussions s'annoncent difficiles, car le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi réclament une modification de la politique économique et budgétaire menée jusqu'à présent et une plus grande souplesse dans l'application des règles pour le déficit et la dette publique.

Le président sortant de la Commission, José Manuel Barroso, a défendu son action mercredi. Grâce à la flexibilité existant déjà dans le Pacte de stabilité et de croissance, plusieurs pays, notamment la France, ont obtenu des délais afin de ramener leurs déficits publics dans les limites européennes, sous la barre des 3% du PIB, a-t-il rappelé.

Angela Merkel a pour sa part répété mercredi son refus de modifier le Pacte. "Il fixe des règles claires et offre une multitude de possibilités de flexibilité", a-t-elle affirmé. Une position a priori sans appel.

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