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À en croire ses excréments, l'homme de Neanderthal mangeait aussi des végétaux

25/06/2014 05:21 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT
ERIC CABANIS via Getty Images
View taken on July 8, 2010 of a mannequin of a Tautavel Man presented at the prehistoric museum in Tautavel. The European Centre for Prehistoric Research was established in 1992 by French prehistorian Henry de Lumley and is located on the premises of the new museum of Tautavel, the European Prehistoric Centre. Henry de Lumley and his team are at the origin of the discovery of the Tautavel Man, an ancestor of Neanderthal Man, in the Caune de l'Arago cave. AFP PHOTO / ERIC CABANIS (Photo credit should read ERIC CABANIS/AFP/Getty Images)

L'homme de Neanderthal, cousin préhistorique des humains, n'était pas seulement carnivore: il consommait aussi des plantes, comme des tubercules et des fruits à coques, révèle l'analyse d'excréments pétrifiés vieux de 50.000 ans.

Les chercheurs, dont les travaux sont publiés mercredi dans la revue américaine PLOS ONE, ont analysé des traces de coprostanol digéré, version animal du cholestérol, et du phytostérol, un composant des huiles végétales, dans des restes d'excréments trouvés dans des sédiments du site néanderthalien d'El Salt dans le sud de l'Espagne.

Bien que tous les échantillons, analysés dans un laboratoire du Massachusetts Institute of Technology à Boston, contenaient du coprostanol, signature chimique de consommation de viande, deux avaient des traces de phytostérol de plantes. Ces dernières marquent les premiers indices directs que les Néanderthaliens pourraient bien avoir été omnivores comme l'homme moderne, explique Ainara Sistiaga, chercheuse de l'Université de La Laguna en Espagne, principal auteur de ces travaux.

Jusqu'alors les scientifiques n'étaient pas parvenus à reconstituer le régime alimentaire des Néanderthaliens. La plupart des indices, comme ceux trouvés avec l'analyse des isotopes d'azote et de carbone dans des fragments d'ossements, ne permettaient pas d'aboutir à une conclusion.

D'autres recherches avaient aussi identifié des microfossiles de végétaux coincés dans des dents de Néandertaliens, laissant penser qu'ils récoltaient et faisaient cuire une variété de plantes pour les consommer en plus de la viande des animaux qu'ils chassaient.

Mais les Néeanderthaliens se servaient beaucoup de leurs dents comme d'un outil, mordant ainsi dans des végétaux pour les sectionner mais pas forcément pour les consommer, explique Ainara Sistiaga.

En revanche, les résultats de l'analyse de ces excréments indiquent bien que les Néanderthaliens devaient consommer assez régulièrement des quantités significatives de plantes comme des tubercules, des baies et des fruits à coque, estime-t-elle.

"Nous pensons que les Néanderthaliens mangeaient probablement ce qu'ils trouvaient selon les saisons et les climats", conclut la chercheuse.

"Jusqu'alors les paléontologues se concentraient sur l'analyse de résidus trouvés sur des outils et d'autres objets mais 90% de l'archéologie se trouve dans les sédiments", explique-t-elle, ajoutant: "nous ouvrons une nouvelle fenêtre sur des indices qui sont enfermés dans les sols et sédiments paléolithiques".

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  • Javier Trueba / Madrid Scientific Films
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