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Les talibans lancent une offensive test dans le sud afghan

25/06/2014 07:13 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Plusieurs centaines de rebelles talibans affrontaient mercredi l'armée dans l'instable sud de l'Afghanistan, une rare offensive aux allures de test pour des soldats locaux appelés à sécuriser leur pays sans l'aide de l'Otan d'ici six mois.

Selon les autorités afghanes, environ 800 talibans combattent l'armée depuis cinq jours dans plusieurs districts de la province de Helmand (sud), un de leur bastions les plus importants depuis dix ans.

Ce vaste assaut et les combats qui ont suivi ont déjà fait plus de 150 morts selon les autorités: environ 100 talibans, selon le ministère de l'Intérieur, auxquels s'ajoutent au moins 21 soldats et une quarantaine de civil, dont des femmes et enfants, a indiqué Omar Zwak, le porte-parole du gouverneur de la province de Helmand.

Les affrontements se déroulent dans quatre districts du nord du Helmand: Sangin, Nowzad, Kajaki et Musa Qala. Ils ont déjà provoqué l'exode de plus de 2.000 familles, soit entre 10.000 et 20.000 personnes, a ajouté M. Zwak.

Les talibans ont placé des bombes artisanales sur les routes et dans plusieurs villages pour gêner la progression des forces afghanes, selon les autorités locales.

Des renforts ont été envoyés sur place, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Siddiq Siddiqi, en affirmant que les forces afghanes n'avaient déploré aucune "perte importante de territoire".

- 'Pas de couverture aérienne' -

Dans un communiqué, le ministère de la Défense assure que les assaillants, dont des combattants étrangers, "ont rencontré une vive résistance de la part de l'armée nationale afghane positionnée dans ces districts, et n'ont pu atteindre leurs objectifs".

Par ailleurs, selon des responsables locaux, les combats dans le district de Sangin ont provoqué une coupure de la ligne électrique qui alimente Lashkar Gah et Kandahar, capitales des provinces du Helmand et de celle voisine de Kandahar, depuis le barrage de Kajaki.

Si le Helmand est un foyer traditionnel des talibans, et en particulier le district de Sangin, de telles offensives massives ont été rares ces dernières années, les rebelles privilégiant en général la guérilla avec bombes artisanales et attentats suicide.

Cette offensive intervient au moment délicat où la force de l'Otan, qui soutient le gouvernement face aux talibans depuis la chute de ces derniers en 2001, doit quitter le pays d'ici la fin de cette année.

Interrogé sur la chaîne de télévision afghane ToloNews, le porte-parole du ministère de la Défense, Mohammad Zaher Azimi, a expliqué que les talibans ont pu ainsi passer à l'offensive car l'armée afghane "n'a pas la couverture aérienne que l'Otan pouvait lui fournir par le passé". "Cela a permis aux talibans de pouvoir se déplacer librement dans certains endroits et de se mobiliser pour de grandes attaques", a-t-il ajouté.

"Si les talibans pensent qu'ils peuvent battre les forces afghanes, lorsque les forces de l'Otan ne sont plus là, nous leur montrerons qu'ils se trompent", a toutefois prévenu M. Azimi en saluant le "succès" des forces afghanes.

Les dernières troupes américaines présentes dans le district de Sangin, où se sont concentrées les attaques des talibans jeudi dernier, se sont retirées le mois dernier. Avant eux, les Britanniques étaient en charge de la province.

Une possible résurgence militaire des talibans inquiète les Afghans et la communauté internationale, au moment où le processus électoral pour la désignation d'un nouveau président pour succéder à Hamid Karzaï reste indécis et fragilisé par des accusations de fraude.

Après le deuxième tour le 14 juin, les autorités électorales doivent annoncer des résultats préliminaires le 2 juillet et les résultats définitifs le 22. Les Afghans devaient choisir entre l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah et son rival Ashraf Ghani, ancien ministre des Finances.

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