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Irak: la Syrie bombarde les jihadistes à la frontière entre les deux pays

25/06/2014 06:31 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Des avions de guerre syriens ont bombardé les positions de militants sunnites en Irak, ont confirmé mercredi des responsables militaires, aggravant les craintes que l'insurrection extrémiste s'étendant dans les deux pays voisins puisse se transformer en un conflit régional encore plus vaste. Le secrétaire d'État américain John Kerry a mis en garde contre cette menace, en affirmant que les autres pays devraient se tenir loin de cet épineux dossier.

Pendant ce temps, une nouvelle offensive d'artillerie menée par les insurgés contre des villages chrétiens dans le nord de l'Irak a poussé des milliers de chrétiens à quitter leur domicile, cherchant à se réfugier en territoire sous domination kurde, ont indiqué des journalistes de l'Associated Press présents sur place.

Le gouvernement américain et un important responsable militaire irakien ont confirmé les frappes aériennes survenues mardi au poste-frontière de Qaim et dans ses environs. Les autres pays voisins — la Jordanie, le Koweït, l'Arabie saoudite et la Turquie — ont déployé des avions à leur frontière avec l'Irak pour surveiller la situation, a indiqué le responsable irakien.

Des responsables américains affirment que les frappes menées par l'aviation syrienne visaient l'État islamique en Irak et au Levant (ÉIIL), le groupe extrémistes sunnite qui s'est emparé de vastes portions du territoire irakien et tente de se tailler une enclave islamique des deux côtés de la frontière syro-irakienne.

«Nous avons clairement indiqué à quiconque dans la région que nous n'avons pas besoin que quoi que ce soit se produise qui pourrait exacerber les tensions intercommunautaires qui sont déjà très importantes», a dit M. Kerry, de passage à Bruxelles pour une rencontre des diplomates de l'OTAN.

Pendant ce temps, l'Iran fait voler des drones de surveillance en Irak, selon des responsables américains. Ces activités de renseignement s'ajoutent à la présence à Bagdad, ce mois-ci, de l'un des plus importants généraux iraniens, Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, qui se trouvait dans la capitale pour aider les Irakiens à renforcer leurs défenses et consulter des leaders de milices chiites qu'il a armées et entraînées.

L'implication de la Syrie et de l'Iran en Irak laisse entrevoir une coopération plus étroite entre les trois gouvernements chiites en réponse à l'insurrection sunnite.

Dans un revirement de situation étrange, les États-Unis, l'Iran et la Syrie se retrouvent désormais avec des intérêts similaires pour stabiliser le gouvernement irakien. Signe de l'entrelacement des conflits syrien et irakien, des milliers de miliciens irakiens chiites ayant aidé le président Bachar el-Assad à écraser la rébellion sunnite lancée contre lui rentrent désormais chez eux, augmentant d'autant la pression sur une armée syrienne épuisée qui peine à reprendre le territoire recapturé au cours des derniers mois par les rebelles.

Qaim, où ont eu lieu les bombardements de mardi, est située dans la province largement sunnite d'Anbar. Selon un porte-parole du gouvernement local, 17 personnes ont été tuées dans les frappes.

Selon la Maison-Blanche, l'intervention syrienne n'est pas la méthode la plus appropriée pour stopper les insurgés, qui ont virtuellement fait disparaître la frontière entre l'Irak et la Syrie et capturé des territoires en bordure de la Jordanie.

«La solution pour la sécurité de l'Irak n'implique pas des milices ou le régime meurtrier d'El-Assad, mais plutôt le renforcement des forces de sécurité irakiennes pour combattre les menaces», a déclaré Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil de sécurité nationale à Washington.

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