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Intenses échanges diplomatiques pour sauver la trêve en Ukraine

25/06/2014 05:44 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

D'intenses échanges diplomatiques se déroulaient mercredi pour tenter de sauver une trêve décrétée dans l'Est de l'Ukraine mais menacée sur le terrain par la poursuite des combats, les Occidentaux exhortant Kiev et Moscou à unir leurs efforts.

Les dirigeants français et allemand, François Hollande et Angela Merkel, ont appelé le président ukrainien Petro Porochenko et son homologue russe Vladimir Poutine à "travailler ensemble" pour appliquer le cessez-le-feu, lors d'une conversation téléphonique "de plus d'une heure", selon la présidence française.

Enfonçant le clou, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé la Russie à des "actes concrets" pour mettre fin à la crise qui menace l'unité de cette ancienne république soviétique aujourd'hui résolument tournée vers l'Europe. Les combats entre des rebelles séparatistes prorusses et l'armée ont fait plus de 400 morts depuis avril.

Petro Porochenko, qui avait brandi la menace d'une levée du cessez-le-feu après la mort de neuf soldats dans la destruction d'un appareil Mi-8, a décidé de maintenir cette mesure, avait indiqué auparavant à Bruxelles le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine.

"Nous sommes déterminés à faire le maximum afin de parvenir à la désescalade", a-t-il assuré, après une réunion avec les chefs de la diplomatie des pays de l'Otan.

Annoncée la veille par Vladimir Poutine dans un geste fort soulignant son engagement vers l'apaisement, la levée de l'autorisation d'intervenir militairement en Ukraine a été entérinée mercredi par le Parlement russe. Mais les Occidentaux veulent des résultats concrets.

Au coeur du sujet: les violations "massives" du cessez-le-feu provisoire, dénoncées mercredi par l'armée ukrainienne qui a dénombré plus de 40 attaques de séparatistes pro-russes depuis lundi dans l'Est.

Ce cessez-le-feu décrété par Kiev à l'armée est en vigueur jusqu'à vendredi et un chef rebelle a donné son accord lundi pour que les insurgés, qui ont revendiqué l'indépendance de deux régions, observent également une trêve pour déboucher sur des négociations de paix.

- constat d'échec de la trêve -

Ce chef rebelle, Alexandre Borodaï, à la tête de la république séparatiste autoproclamée de Donetsk, a déploré l'échec de la trêve.

"Nous voulons la paix. Mais jusqu'à présent, toutes les consultations ont été inutiles", a-t-il déclaré après une réunion à Donetsk mercredi à laquelle participaient notamment des représentants de Kiev.

A Slaviansk, les tirs d'artillerie ont commencé à 06H00 locales (03H00 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP. Les détonations, presque incessantes, semblaient provenir tant du côté ukrainien que du côté rebelle.

A quelques kilomètres de la ville, les restes de l'hélicoptère abattu -- une grande partie de la carlingue et un morceau de métal portant les couleurs de l'Ukraine, jaune et bleu -- reposaient mercredi dans un champ, a constaté l'AFP. "Des blindés ukrainiens sont arrivés très rapidement pour récupérer les corps. Ils ont probablement miné les abords de l'hélicoptère avant de partir", a indiqué un habitant, Léonid.

Mardi, le vice-président américain Joe Biden s'est entretenu avec M. Porochenko, soulignant la nécessité "d'avoir des observateurs sur place qui constatent les violations du cessez-le-feu" et de "mettre un terme à la fourniture d'armes et de militants venus de l'autre côté de la frontière" avec la Russie, selon la Maison Blanche.

- les 'signaux positifs' de Moscou -

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affirmé mercredi ne "pas voir de changement" dans l'attitude de la Russie et annoncé que l'Alliance maintenait la suspension de sa coopération avec Moscou, décidée en avril à la suite du rattachement de la Crimée.

"Ce qui compte pour l'instant c'est la désescalade : qu'il n'y ait plus de victimes", a commenté une source diplomatique européenne.

Le chef adjoint de la diplomatie russe Grigori Karassine, a, lui, dit espérer que les "signaux positifs" envoyés par Vladimir Poutine mardi seraient entendus "dans le monde et surtout en Ukraine" et déboucheraient sur un dialogue.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron sont convenus lors d'un entretien téléphonique que "dans le cas où Moscou ne prendrait pas de mesures immédiates destinées à apaiser la situation dans l'Est de l'Ukraine, les Etats-Unis et l'Union européenne" imposeraient de nouvelles sanctions à la Russie.

Vladimir Poutine, qui a multiplié les messages contradictoires au cours de la semaine en lançant notamment de nouvelles manoeuvres militaires dans le centre de la Russie, a appelé à prolonger le cessez-le-feu au-delà de vendredi.

Cette nécessité a été évoquée vendredi par les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et allemande Frank-Walter Steinmeier, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

L'expiration vendredi de la trêve correspond au jour où l'Ukraine doit signer le dernier volet d'un accord historique d'association avec l'Union européenne, une orientation qui l'éloigne du giron russe et est au coeur de cette crise.

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