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Harper et Couillard annoncent 5 milliards $ sur fond de bonne entente

25/06/2014 11:17 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

ROBERVAL, Qc - Les premiers ministres Stephen Harper et Philippe Couillard ont voulu projeter une image de bonne entente pour leur deuxième rencontre depuis les élections du 7 avril, en annonçant une entente entrée en vigueur officiellement sous l'ancien gouvernement péquiste.

Tout sourire, ils ont annoncé, mercredi, à Roberval, la reconduction de l'entente administrative sur la taxe sur l'essence, qui garantit au Québec le versement de 5 milliards $ sur 10 ans provenant de cette taxe fédérale, pour financer des projets d'infrastructures principalement. L'ambiance cordiale de cette annonce contrastait avec le climat de querelle et de méfiance qui prévalait entre l'ancien gouvernement souverainiste de Pauline Marois et les conservateurs fédéraux.

Or, cette entente est entrée en vigueur officiellement le 1er avril, en pleine campagne électorale québécoise, alors que le gouvernement péquiste était encore aux commandes. Mais Philippe Couillard a laissé entendre que son gouvernement a tout de même pesé de son poids dans les négociations, en insistant sur le ton nouveau des relations Ottawa-Québec.

«Il restait effectivement des enjeux à régler autour de cette entente qui se sont réglés très bien, très positivement, et on est très heureux, M. Harper et moi, de faire cette annonce», a déclaré en conférence de presse M. Couillard, aux côtés de M. Harper, derrière des podiums où on pouvait lire en majuscule le mot «collaboration».

«Je ne fais jamais de commentaires sur les affaires provinciales, mais je suis tout à fait d'accord avec le premier ministre Couillard», a pour sa part poursuivi M. Harper, avec une certaine ironie, en déclenchant les rires dans la salle.

Dans son allocution d'ouverture, M. Harper a été encore plus manifeste. «Je me réjouis sincèrement de l'élection d'un nouveau gouvernement du Québec ciblé (sic) sur des objectifs partagés avec nous, soit la croissance économique et la création d'emplois. Déjà nous avons tenu des discussions productives entre nos gouvernements qui feront grandement avancer ces priorités communes.»

Avant la conférence de presse, les deux premiers ministres ont pu discuter ensemble, mais l'entretien n'a porté que sur l'entente, selon ce qu'il a été possible d'apprendre d'une source proche. Les dossiers litigieux, comme le pont Champlain, la loi sur les soins de fin de vie ou la nomination des juges à la Cour suprême, par exemple, n'auraient donc pas été abordés.

Le premier ministre canadien en était à sa deuxième journée d'une de ses rares visites au Québec. À Roberval, il se trouvait dans la circonscription de son lieutenant québécois, Denis Lebel, mais aussi dans celle que représente le premier ministre Couillard à l'Assemblée nationale.

M. Harper est arrivé par bateau mercredi matin sur les lieux de la conférence de presse, sur les rives du lac Saint-Jean, accompagné de M. Lebel. C'est Philippe Couillard qui l'attendait au quai avec son ministre des Finances, Carlos Leitao, pour lui souhaiter la bienvenue, sous l'oeil des caméras.

En plus des 5 milliards $ que versera Ottawa, Québec ajoutera 2,5 milliards $ à l'enveloppe, ce qui portera à 7,5 milliards les fonds accessibles pour les projets que présenteront les municipalités. Ces fonds doivent servir à financer des projets de transport en commun, des autoroutes, des routes et des ponts, d'aqueduc, d'égout et d'assainissement des eaux, entre autres.

M. Harper a profité de l'occasion pour annoncer un élargissement des critères d'admissibilité au fonds. Ainsi, les projets qui concernent le sport amateur, les investissements touchant les chemins de fer locaux et les projets à caractère touristique pourront s'ajouter aux autres dossiers plus traditionnels.

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