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Espagne: des "indices" qui font peser le soupçon sur l'infante Cristina

25/06/2014 12:10 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Travaux d'aménagement, spectacle de mime ou livres d'Harry Potter: le juge Castro, qui a maintenu mercredi l'inculpation pour fraude fiscale et blanchiment de la soeur du roi d'Espagne, cite une série d'"indices plus que suffisants" montrant, selon lui, la culpabilité de Cristina.

Au fil de 167 pages, le juge détaille, parfois avec ironie, un système qui a permis à l'infante Cristina et à son mari Iñaki Urdangarin d'utiliser, à des fins personnelles, de l'argent public des régions de Valence et des Iles Baléares (est) détourné via la fondation Noos et la "société écran" Aizoon.

Pour le magistrat, le couple s'est servi de la carte bancaire d'Aizoon pour des dépenses qui n'avaient rien à voir avec sa finalité de "services de conseil en gestion d'entreprise".

Voici quelques exemples cités:

- "Aizoon a payé 198.983 euros à un collège d'architectes pour une autorisation de travaux, pour la construction de bureaux et aménagement de l'espace" à l'ex-domicile du couple, l'hôtel particulier de Pedralbes, à Barcelone.

- "Un voyage à Rio de Janeiro dont a bénéficié le couple et ses quatre enfants pour un montant de 5.000 euros".

- "Concernant une facture du 20 mai 2008 pour l'achat de quatre livres de Harry Potter (...), on ne peut qu'admettre, sans discussion possible", que le couple aurait dû payer et non Aizoon, écrit le juge.

- "Et de même, pour la facture du 18 février 2008 concernant l'achat d'un bouquet de fleurs, semblant provenir de M. Urdangarin pour Mme Julita Cuquerella Gamboa (ndlr: son assistante), d'un autre bouquet le 1er octobre 2008 et d'un Iphone".

- "Il s'avère aussi difficile d'associer à l'activité d'Aizoon le spectacle du mime Pep Bou le 12 juin 2005 (ainsi que) la location d'équipement de son et lumière dont la facture d'un montant de 7.888 euros est arrivée de façon inexplicable jusqu'à Aizoon."

Au passage, le juge s'interroge aussi sur des cours de "coaching", de salsa ou de merengue fournis au domicile de Cristina et payés par Aizoon.

Pour assombrir un peu plus le tableau, le juge relève qu'"à en croire les témoins, employés au domicile du couple, et nous n'avons pas de raison de ne pas les croire pour l'instant", le personnel, qui était en situation irrégulière en Espagne, a été employé dans un premier temps "au noir" avant d'être déclaré sur la comptabilité d'Aizoon lorsqu'il a demandé à être régularisé.

ib/elc/plh

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