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Egypte: un feuilleton du ramadan interdit car il ternit l'image de la police

25/06/2014 10:39 EDT | Actualisé 25/08/2014 05:12 EDT

Le scénariste d'un feuilleton égyptien qui devait être diffusé en juillet à l'occasion du ramadan a annoncé à l'AFP que sa série avait été déprogrammée, la censure l'accusant de s'en prendre à la police.

Le chef de la "Cité de la production", qui héberge de nombreux studios, avait récemment affirmé à la presse que les chaînes qui s'étaient engagées à acheter la série --au casting de haut vol-- avaient subi des pressions des services de sécurité.

"Les gens d'Alexandrie", qui met notamment en scène un policier corrompu détournant la loi à son profit, ne sera pas diffusé lors du mois sacré de jeûne musulman --haute saison du feuilleton égyptien, qui domine la production arabe-- a confirmé Bilal Fadl à l'AFP.

"Même les chaînes publiques qui ont participé à la production de la série refusent de la diffuser parce que le bureau de la censure a estimé qu'elle présentait une mauvaise image de la police", a-t-il poursuivi, évoquant également des attaques de plusieurs présentateurs de télévisions contre le feuilleton dont des bande-annonces avaient commencé à être diffusées.

Tous les feuilletons diffusés durant le ramadan sont soumis à un comité de censure mis en place par la télévision, qui émet des recommandations.

La télévision koweïtienne, qui a également participé à la production, a ensuite annoncé son retrait quelques jours avant que le feuilleton ne soit présenté aux chaînes qui souhaitaient l'acheter. Les monarchies du Golfe, à l'exception du Qatar, soutiennent, à grands renforts d'aides financières, le pouvoir installé par l'armée après qu'elle a destitué et fait arrêter le président islamiste Mohamed Morsi il y a près d'un an.

Pour le critique Tarek El Shennawi, cette décision à l'encontre des "Gens d'Alexandrie", "prise sous de fortes pressions" est "sans précédent".

Depuis la révolte du début 2011, qui mis fin à trois décennies de pouvoir autoritaire de Hosni Moubarak, plusieurs feuilletons avaient mis en scène la corruption notamment au sein de l'Etat et de son appareil sécuritaire. Mais après le coup de force de l'armée en juillet dernier et le retour en grâce de la police, honnie sous Moubarak, le milieu du cinéma et de la télévision s'était inquiété d'un possible retour des tabous imposés aux artistes.

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