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Egypte: bombes de faible puissance dans le métro du Caire, 4 blessés

25/06/2014 02:56 EDT | Actualisé 24/08/2014 05:12 EDT

Quatre bombes de faible puissance ont explosé mercredi dans le métro du Caire, faisant quatre blessés selon police et secouristes, et une cinquième a visé un tribunal de la capitale, de nouveaux attentats en pleine répression sanglante visant l'opposition islamiste en Egypte.

A l'heure de pointe, quatre engins "de confection très primaire" et de "faible puissance" ont explosé à intervalles rapprochés dans trois stations de métro --une dans le centre de la capitale et deux autres dans des quartiers périphériques--, ont indiqué des responsables de la police.

Au moins quatre personnes ont été blessées a déclaré à l'AFP Ahmed al-Ansari, le chef des services de secours égyptiens.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Hani Abdel Latif, lui, n'a évoqué que deux explosions, l'une ayant provoqué une détonation sans faire de dégâts et l'autre ayant fait deux blessés, dont l'homme qui transportait les explosifs, que le général de la police a accusé d'être membre des Frères musulmans "car des symboles pro-Morsi ont été découverts dans son téléphone".

Peu après une autre bombe de faible puissance placée sous une voiture a explosé près d'un tribunal du Caire blessant une passante, a indiqué M. Abdel Latif à l'AFP, ajoutant qu'une seconde bombe avait ensuite été désamorcée à proximité du tribunal.

Cette attaque intervient alors que l'Egypte s'est lancée dans une guerre judiciaire contre les islamistes: elle a récemment confirmé 183 peines de morts, dont celle du Guide suprême des Frères musulmans du président Mohamed Morsi, destitué il y a près d'un an par l'armée, et condamné trois journalistes d'Al-Jazeera à 7 à 10 ans de prison pour soutien à la confrérie.

Ces nouveaux attentats surviennent un mois après l'élection de l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi à la tête du pays avec 96,9% des voix, après avoir éliminé toute opposition, islamiste comme laïque et libérale. Le maréchal à la retraite dirige de facto le pays d'une main de fer depuis qu'il a destitué et fait emprisonner il y a un an Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte.

Depuis la destitution de M. Morsi, policiers et soldats ont tué plus de 1.400 manifestants qui réclamaient son retour, plus de 15.000 Frères musulmans ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes et jugés "sans précédent dans l'Histoire" de l'humanité par l'ONU.

Les Frères musulmans, qui avaient remporté toutes les élections entre les chutes de Hosni Moubarak début 2011 et de M. Morsi à l'été 2013, ont été décrétés en décembre "organisation terroriste".

Selon le gouvernement, plus de 500 policiers et soldats ont péri dans le même temps dans de multiples attentats et attaques dans tout le pays. Ces attentats avaient quasiment cessé depuis plus d'un mois, la police et l'armée ayant assuré avoir démantelé plusieurs "cellules terroristes" au Caire ou ailleurs.

Ils avaient quasiment tous été revendiqués par deux groupes d'insurgés jihadistes, Ansar Beït al-Maqdess et Ajnad Misr, qui se disent liés à Al-Qaïda. Ils affirmaient agir en représailles à la répression sanglante dont sont victimes les islamistes. Mais le pouvoir les attribue aux Frères musulmans, dont quasiment tous les dirigeants sont emprisonnés.

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